samedi 17 octobre 2026

Charles (1948) — Texte anglais

 


Charles (1948) — Texte anglais

Part 1

The day my son Laurie started kindergarten he renounced corduroy overalls with bibs and began wearing blue jeans with a belt; I watched him go off the first morning with the older girl next door, seeing clearly that an era of my life was ended, my sweet-voiced nursery school tot replaced by a long-trousered, swaggering character who forgot to stop at the corner and wave good-bye to me.




He came home the same way, the front door slamming open, his cap on the floor, and the voice suddenly become raucous shouting, “Isn’t anybody here?”

At lunch he spoke insolently to his father, spilled his baby sister’s milk, and remarked that his teacher said we were not to take the name of the Lord in vain.



“How was school today?” I asked, elaborately casual.

“All right,” he said.

“Did you learn anything?” his father asked.

Laurie regarded his father coldly. “I didn’t learn nothing,” he said.

“Anything,” I said. “Didn’t learn anything.”



“The teacher spanked a boy, though,” Laurie said, addressing his bread and butter. “For being fresh,” he added, with his mouth full.

“What did he do?” I asked. “Who was it?”

Laurie thought. “It was Charles,” he said. “He was fresh. The teacher spanked him and made him stand in a corner. He was awfully fresh.”

“What did he do?” I asked again, but Laurie slid off his chair, took a cookie, and left, while his father was still saying, “See here, young man.”



Part 2

The next day Laurie remarked at lunch, as soon as he sat down, “Well, Charles was bad again today.” He grinned enormously and said, “Today Charles hit the teacher.”

“Good heavens,” I said, mindful of the Lord’s name, “I suppose he got spanked again?”

“He sure did,” Laurie said. “Look up,” he said to his father.

“What?” his father said, looking up.

“Look down,” Laurie said. “Look at my thumb. Gee, you’re dumb.” He began to laugh insanely.

“Why did Charles hit the teacher?” I asked quickly.

“Because she tried to make him color with red crayons,” Laurie said. “Charles wanted to color with green crayons, so he hit the teacher and she spanked him and said nobody play with Charles, but everybody did.”

The third day—it was Wednesday of the first week—Charles bounced a seesaw on to the head of a little girl and made her bleed, and the teacher made him stay inside all during recess.

Thursday Charles had to stand in a corner during story time because he kept pounding his feet on the floor.



Friday, Charles was deprived of blackboard privileges because he threw chalk.

On Saturday I remarked to my husband, “Do you think kindergarten is too unsettling for Laurie? All this toughness, and bad grammar, and this Charles boy sounds like such a bad influence.”

“It’ll be all right,” my husband said reassuringly. “Bound to be people like Charles in the world. Might as well meet them now as later.”




Part 3

My husband came to the door with me that evening as I set out for the P.T.A. meeting.

“Invite her over for a cup of tea after the meeting,” he said. “I want to get a look at her.”



“If only she’s there,” I said prayerfully.

“She’ll be there,” my husband said. “I don’t see how they could hold a P.T.A. meeting without Charles’s mother.”





At the meeting I sat restlessly, scanning each comfortable matronly face, trying to determine which one hid the secret of Charles. None of them looked to me haggard enough. No one stood up in the meeting and apologized for the way her son had been acting. No one mentioned Charles.



After the meeting I identified and sought out Laurie’s kindergarten teacher. She had a plate with a cup of tea and a piece of chocolate cake; I had a plate with a cup of tea and a piece of marshmallow cake. We maneuvered up to one another cautiously and smiled.



“I’ve been so anxious to meet you,” I said. “I’m Laurie’s mother.”

“We’re all so interested in Laurie,” she said.

“Well, he certainly likes kindergarten,” I said. “He talks about it all the time.”



“We had a little trouble adjusting, the first week or so,” she said primly, “but now he’s a fine little helper. With occasional lapses, of course.”

“Laurie usually adjusts very quickly,” I said. “I suppose this time it’s Charles’s influence.”

“Charles?”



“Yes,” I said, laughing, “you must have your hands full in that kindergarten, with Charles.”

“Charles?” she said. “We don’t have any Charles 








Traduction française

Charles (1948) : partie 1

Le jour où mon fils Laurie entra à l’école maternelle, il renonça à ses salopettes en velours côtelé à bavette et se mit à porter des jeans bleus avec une ceinture ; je le regardai partir le premier matin avec la fille plus âgée de nos voisins, comprenant clairement qu’une époque de ma vie venait de s’achever : mon petit enfant de maternelle à la voix douce avait été remplacé par un personnage fanfaron en pantalon long, qui oublia de s’arrêter au coin de la rue pour me faire signe au revoir.

Il rentra de la même manière, ouvrant la porte d’entrée avec fracas, jetant sa casquette par terre et criant d’une voix soudain devenue rauque : « Il n’y a personne ici ? »

Au déjeuner, il parla avec insolence à son père, renversa le lait de sa petite sœur et fit remarquer que sa maîtresse avait dit qu’il ne fallait pas prononcer le nom du Seigneur en vain.

« Comment s’est passée l’école aujourd’hui ? » demandai-je, en prenant un air soigneusement désinvolte.

« Bien », répondit-il.

« Tu as appris quelque chose ? » demanda son père.

Laurie regarda froidement son père. « J’ai rien appris », dit-il.

« Je n’ai rien appris », corrigeai-je.

« La maîtresse a donné une fessée à un garçon, par contre », dit Laurie en s’adressant à sa tartine. « Parce qu’il était insolent », ajouta-t-il la bouche pleine.

« Qu’est-ce qu’il a fait ? » demandai-je. « Qui était-ce ? »

Laurie réfléchit. « C’était Charles », dit-il. « Il était insolent. La maîtresse lui a donné une fessée et l’a mis au coin. Il était vraiment très insolent. »

« Qu’est-ce qu’il a fait ? » demandai-je de nouveau, mais Laurie se laissa glisser de sa chaise, prit un biscuit et partit, tandis que son père disait encore : « Écoute-moi bien, jeune homme. »

Charles (1948) : partie 2

Le lendemain, dès qu’il se fut assis pour déjeuner, Laurie déclara : « Eh bien, Charles s’est encore mal conduit aujourd’hui. » Il afficha un immense sourire et ajouta : « Aujourd’hui, Charles a frappé la maîtresse. »

« Mon Dieu », dis-je, consciente qu’il ne fallait pas prononcer le nom du Seigneur en vain, « j’imagine qu’il a encore reçu une fessée ? »

« Bien sûr », répondit Laurie. « Regarde en l’air », dit-il à son père.

« Quoi ? » demanda son père en levant les yeux.

« Regarde en bas », dit Laurie. « Regarde mon pouce. Pff, qu’est-ce que tu es bête. » Il se mit à rire comme un fou.

« Pourquoi Charles a-t-il frappé la maîtresse ? » demandai-je rapidement.

« Parce qu’elle voulait l’obliger à colorier avec des crayons rouges », répondit Laurie. « Charles voulait colorier avec des crayons verts, alors il a frappé la maîtresse. Elle lui a donné une fessée et a dit que personne ne devait jouer avec Charles, mais tout le monde l’a fait. »

Le troisième jour — c’était le mercredi de la première semaine — Charles fit basculer une balançoire à bascule sur la tête d’une petite fille et la fit saigner ; la maîtresse le garda à l’intérieur pendant toute la récréation.

Le jeudi, Charles dut rester au coin pendant l’heure de l’histoire parce qu’il n’arrêtait pas de taper des pieds sur le sol.

Le vendredi, Charles fut privé du droit d’utiliser le tableau parce qu’il avait lancé de la craie.

Le samedi, je dis à mon mari : « Penses-tu que l’école maternelle soit trop perturbante pour Laurie ? Toute cette brutalité, cette mauvaise grammaire… et ce garçon, Charles, semble avoir une très mauvaise influence. »

« Tout ira bien », répondit mon mari d’un ton rassurant. « Il y aura toujours des gens comme Charles dans le monde. Autant les rencontrer maintenant que plus tard. »

Charles (1948) : partie 3

Ce soir-là, mon mari m’accompagna jusqu’à la porte alors que je partais pour la réunion de l’association des parents d’élèves.

« Invite-la à venir prendre une tasse de thé après la réunion », dit-il. « Je veux voir à quoi elle ressemble. »

« Si seulement elle est là », dis-je avec ferveur.

« Elle sera là », répondit mon mari. « Je ne vois pas comment ils pourraient organiser une réunion de parents d’élèves sans la mère de Charles. »

Pendant la réunion, je restai assise, agitée, examinant chacun de ces visages maternels et paisibles pour essayer de deviner lequel cachait le secret de Charles. Aucun ne me parut assez épuisé. Personne ne se leva pour présenter ses excuses à cause du comportement de son fils. Personne ne mentionna Charles.

Après la réunion, je reconnus la maîtresse de maternelle de Laurie et allai la trouver. Elle tenait une assiette avec une tasse de thé et une part de gâteau au chocolat ; j’avais une assiette avec une tasse de thé et une part de gâteau à la guimauve. Nous nous approchâmes prudemment l’une de l’autre et sourîmes.

« J’avais tellement hâte de vous rencontrer », dis-je. « Je suis la mère de Laurie. »

« Nous nous intéressons tous beaucoup à Laurie », répondit-elle.

« Eh bien, il aime certainement l’école maternelle », dis-je. « Il en parle tout le temps. »

« Il a eu un peu de mal à s’adapter pendant la première semaine environ », dit-elle d’un ton guindé, « mais maintenant, c’est un excellent petit assistant. Avec quelques écarts de conduite de temps à autre, bien sûr. »

« Laurie s’adapte généralement très vite », dis-je. « Je suppose que, cette fois, c’est à cause de l’influence de Charles. »

« Charles ? »

« Oui », dis-je en riant, « vous devez avoir fort à faire dans cette classe avec Charles. »

« Charles ? » répéta-t-elle. « Nous n’avons aucun Charles dans cette classe de maternelle. »

Vocabulaire

Partie 1

·         overalls : salopette

·         bib : bavoir

·         tot : enfant

·         to swagger : marcher d’une allure arrogante

·         raucous : bruyant, rauque

·         casual : désinvolte

·         fresh : insolent

·         to slide off : glisser

Partie 2

·         to grin : avoir un grand sourire

·         mindful : conscient, attentif

·         a seesaw : balançoire à bascule

·         recess : récréation

·         to pound : marteler, frapper

·         deprived : privé, interdit

·         unsettling : perturbant

·         toughness : dureté, brutalité

Partie 3

·         to hold : organiser

·         scanning : observant, examinant

·         haggard : fatigué, épuisé

·         to seek out : aller voir, rechercher

·         primly : d’une manière guindée, précieuse

·         trouble : problème, difficulté

·         little helper : petit assistant