PROTOCOLE PÉDAGOGIQUE BPS-E
HISTOIRE — GÉOGRAPHIE — EMC
Classe de 3e — Diplôme National du Brevet
AMÉNAGER LE TERRITOIRE
Cours complet illustré — Géographie, chapitre 4
Sessions du Brevet 2026 / 2027
L'Aménagement du Territoire : réparer les
fractures françaises.
Support pédagogique — usage personnel de
l'élève
Sommaire
Introduction — Un territoire français totalement inégalitaire
Chapitre 1 — Le grand paradoxe de l'aménagement
Chapitre 2 — La règle d'or de l'aménageur : la mixité
Chapitre 3 — Le « mille-feuille » des acteurs : qui décide et qui finance
?
Chapitre 4 — L'équation du financement face à la densité
Chapitre 5 — Le cas extrême : les DROM
Chapitre 6 — Étude de cas n°1 : Lens, l'effondrement d'une cité minière
Chapitre 7 — Étude de cas n°1 (suite) : le projet Louvre-Lens, un bilan
mitigé
Chapitre 8 — Étude de cas n°2 : l'inégalité d'accès aux soins
Chapitre 9 — Étude de cas n°3 : disparités de coût et mal-logement
Chapitre 10 — Étude de cas n°3 (suite) : les politiques de la ville, la
boîte à outils
Synthèse — Le défi permanent de l'équilibre
Lexique — Le vocabulaire de l'aménageur
Quiz — 32 questions pour réviser et préparer tes flashcards
Épreuves type Brevet — 2 sujets guidés, énoncés et corrigés
Bibliographie et sources
|
INTRODUCTION Un territoire français totalement inégalitaire |
Les trois chapitres précédents ont montré, chacun à leur manière, que le
territoire français n'est pas égal face au développement : aires urbaines
dynamiques ou en difficulté, espaces productifs gagnants ou perdants, espaces
ruraux en déclin ou en renaissance. Ce chapitre se penche directement sur
l'action publique qui cherche à corriger ces inégalités : l'aménagement du
territoire.
Le constat : un territoire totalement
inégalitaire, marqué par des fractures territoriales, sociales et économiques.
|
📘 DÉFINITION L'aménagement du territoire désigne l'ensemble des
actions menées par les pouvoirs publics (et parfois des acteurs privés) pour
organiser, développer et corriger les inégalités d'un espace donné. |
Le cours distingue trois grands types de fractures, ou d'inégalités, à
connaître pour le Brevet :
•
Les fractures territoriales : entre espace urbain et
espace rural, entre littoraux et montagnes, entre métropoles et
petites/moyennes villes ;
•
Les fractures sociales : entre populations aisées et
modestes, entre les situations des ménages (famille nombreuse, couple avec ou
sans enfant, célibataire, retraité) ;
•
Les fractures économiques : entre zones à fort emploi
et zones à faible emploi, entre territoires à spécialisation sectorielle
différente (primaire, secondaire, tertiaire).
|
🛠️ À RETENIR Pour réduire ces trois fractures à la fois, un aménagement
du territoire efficace doit chercher la mixité : créer des espaces à
plusieurs fonctions (mixité fonctionnelle), des espaces sans ségrégation
sociale (mixité sociale), et des espaces aux emplois diversifiés (mixité
économique). Nous détaillons cette notion centrale au chapitre 2. |
À la fin de ce cours, tu devras être capable de :
•
distinguer les trois types de fractures (territoriales,
sociales, économiques) du territoire français ;
•
expliquer le paradoxe entre réduction des inégalités et
compétitivité, et son impact sur les espaces ruraux ;
•
présenter les différents acteurs et les modes de
financement de l'aménagement du territoire ;
•
expliquer pourquoi les DROM cumulent les difficultés
d'aménagement ;
•
analyser trois études de cas concrètes : la
requalification urbaine (Lens), la fracture médicale, et la crise du logement ;
•
présenter les outils des politiques de la ville (loi
SRU, rénovation/réhabilitation, aides financières).
|
CHAPITRE 1 Le grand paradoxe de l'aménagement |
L'aménagement du territoire doit impérativement répondre à deux grands
objectifs qui s'opposent souvent, ce qui constitue le grand paradoxe de
l'aménageur.
Le grand paradoxe de l'aménagement :
réduire les inégalités tout en restant attractif et moderne.
•
Réduire les inégalités : respecter les besoins
fondamentaux des populations, quel que soit le territoire où elles vivent ;
•
Rester attractif et moderne : proposer une diversité de
services et de logements, créer des zones d'emplois compétitives, ne pas
exclure certaines catégories sociales.
|
⚠️ ATTENTION Ces deux objectifs posent un problème majeur pour les
espaces ruraux : c'est ce que le cours appelle le risque rural. La
faible densité de population de ces territoires entraîne une faible
rentabilité des équipements et infrastructures, ce qui mène à la fermeture
progressive des services et au déclin démographique — un phénomène parfois
atténué par l'arrivée de néoruraux, comme tu l'as vu au chapitre précédent. |
Ce paradoxe est la clé de lecture de tout ce cours : chaque étude de cas
que nous verrons (Lens, l'accès aux soins, le logement) illustre, d'une manière
différente, la difficulté à concilier égalité des territoires et compétitivité
économique.
|
CHAPITRE 2 La règle d'or de l'aménageur : la mixité |
Pour résoudre les inégalités présentées en introduction, un projet
d'aménagement doit superposer trois dimensions au sein d'un même espace.
La règle d'or de l'aménageur : superposer
mixité économique, mixité sociale et mixité fonctionnelle dans un même espace.
|
📘 DÉFINITION La mixité économique consiste à créer des espaces
offrant des emplois diversifiés (différents secteurs d'activité). La mixité
sociale consiste à créer des espaces sans ségrégation, réunissant
différentes catégories de population. La mixité fonctionnelle consiste
à créer des espaces abritant plusieurs fonctions (logement, commerce,
loisir). |
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🧭 MÉTHODE Au Brevet, si l'on te demande d'analyser un projet
d'aménagement, vérifie systématiquement s'il répond aux trois mixités : quels
emplois y sont créés (économique) ? Quelles catégories de population y vivent
ou y sont accueillies (sociale) ? Quelles fonctions y sont réunies :
logement, commerce, loisir (fonctionnelle) ? |
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CHAPITRE 3 Le « mille-feuille » des acteurs : qui décide et qui finance ? |
Un projet d'aménagement ne sort jamais de terre grâce à un seul acteur :
il mobilise de nombreux échelons de décision et de financement, que les
géographes surnomment parfois le « mille-feuille territorial ».
Le « mille-feuille » des acteurs de
l'aménagement : de l'Union européenne aux habitants, qui décide et qui finance
?
1. Les collectivités publiques
(financement public)
Du niveau le plus large au plus local : l'Union européenne, l'État, la
Région, le Département, la Commune et l'intercommunalité.
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📘 DÉFINITION Une collectivité locale (ou territoriale) est une
structure administrative française (région, département, commune) qui dispose
de compétences et d'un pouvoir de décision sur son territoire, distincts de
ceux de l'État. |
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🛠️ À RETENIR Jusque dans les années 1980, l'État a souvent été le seul
financeur des grands aménagements. Les lois de décentralisation de
1982-1983 (lois DEFERRE) ont transféré une partie du pouvoir décisionnel
de l'État vers les collectivités locales : c'est la décentralisation.
Conséquence importante : les collectivités locales ont obtenu davantage de
pouvoirs, mais ne disposent pas toujours des fonds financiers nécessaires
pour agir seules — ce qui explique en partie pourquoi les aménagements sont
souvent priorisés dans les zones de forte densité, plus rentables. |
2. Les acteurs privés et locaux
(financement privé)
•
Entreprises et banques : apportent des prêts, de
l'ingénierie et prennent en charge le chantier ;
•
Habitants et associations : peuvent apporter des dons
privés, participer à des consultations publiques, ou au contraire manifester
leur opposition à un projet.
Un projet d'aménagement (logements, hôpitaux, commerces, lignes à grande
vitesse…) résulte donc toujours de la rencontre entre ce financement public et
ce financement privé.
|
CHAPITRE 4 L'équation du financement face à la densité |
Ce chapitre explique une conséquence directe et très importante du
chapitre précédent : les acteurs de l'aménagement privilégient structurellement
les zones de forte densité, ce qui crée un véritable cercle vicieux pour la
ruralité.
L'équation du financement face à la
densité : un cercle vertueux pour les zones de forte densité, un cercle vicieux
pour les espaces ruraux.
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|
Zones de forte densité |
Espaces ruraux |
|
Logique |
Haute rentabilité des infrastructures |
Faible densité de population = faible rentabilité |
|
Conséquence n°1 |
Priorisation des investissements (logements, hôpitaux,
commerces, LGV) |
Fermeture progressive des services publics et privés |
|
Conséquence n°2 |
Attractivité maintenue |
Décroissance démographique chronique |
|
⚠️ ATTENTION Ces deux dynamiques s'auto-entretiennent : plus une zone
est dense, plus elle attire d'investissements, ce qui la rend encore plus
attractive ; plus une zone est peu dense, moins elle attire
d'investissements, ce qui accélère encore son déclin. C'est ce mécanisme qui
explique une grande partie des inégalités territoriales étudiées dans ce
cours. |
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CHAPITRE 5 Le cas extrême : les DROM |
La même question de l'aménagement se pose, en version amplifiée, dans les
Départements et Régions d'Outre-Mer (les DROM) : Guadeloupe, Martinique,
Guyane, La Réunion et Mayotte.
Le cas extrême des DROM : la distance
géographique amplifie radicalement les fractures économiques et sociales.
|
⚠️ ATTENTION La distance géographique amplifie radicalement les
fractures économiques et sociales des DROM : ce sont des territoires éloignés
géographiquement de la France métropolitaine, aux capacités financières
structurellement plus faibles, où l'on observe une pauvreté beaucoup plus
dense et des services qui peinent à se moderniser. |
Sur les 18 régions françaises (13 métropolitaines et 5 DROM), les DROM se
situent aux 13e, 14e, 15e, 17e et 18e places pour les dépenses engagées en
faveur des aménagements, en 2017. Exemple extrême : la 18e place (la dernière)
revient à Mayotte, qui a dépensé 250 fois moins que l'Île-de-France (1re
région) pour l'aménagement de son territoire.
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🛠️ À RETENIR Les DROM cumulent ainsi les trois obstacles étudiés dans
ce cours : l'éloignement géographique (qui limite les échanges avec la
métropole), la faible rentabilité des investissements (liée à une population
plus pauvre et souvent moins dense) et des capacités financières locales plus
limitées, ce qui rend l'aménagement de ces territoires particulièrement
difficile. |
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CHAPITRE 6 Étude de cas n°1 : Lens, l'effondrement d'une cité minière |
La première étude de cas de ce cours porte sur la requalification
urbaine, à travers l'exemple de Lens, dans les Hauts-de-France.
Lens : l'effondrement d'une cité minière,
entre déclin industriel et paysage résiduel.
•
Avant les années 1980 : Lens est un pôle industriel
minier majeur dans le Nord de la France ;
•
Années 1980-1990 : fermeture définitive des mines,
déclin industriel total du secteur secondaire dans la région ;
•
Conséquence sociale : le taux de chômage explose et
dépasse les 20 % ;
•
Le paysage résiduel : création de « friches
industrielles » et de « friches urbaines » (anciens espaces laissés à
l'abandon), avec des lotissements ouvriers (les corons) et des terrils
(collines artificielles issues de l'extraction du charbon).
|
📘 DÉFINITION Une friche urbaine (ou industrielle) est un ancien
espace industriel ou urbain laissé à l'abandon après le déclin d'une activité
économique. |
Face à cette situation de crise extrême, les pouvoirs publics ont cherché
une solution de requalification urbaine, que nous étudions au chapitre suivant
: la construction d'une antenne du musée du Louvre, directement sur le site
d'une ancienne mine.
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CHAPITRE 7 Étude de cas n°1 (suite) : le projet Louvre-Lens, un bilan
mitigé |
|
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📘 DÉFINITION La requalification urbaine est une opération qui
consiste à modifier les usages, l'architecture et les infrastructures d'un
territoire pour lui redonner de l'attractivité. |
|
Le musée du Louvre-Lens, antenne du musée du Louvre de Paris, a été
construit sur une ancienne mine (les terrils), à proximité des lotissements
ouvriers (les corons). Des espaces de loisirs et végétaux (parcs, jardins) ont
été aménagés autour du musée afin de rompre avec les paysages miniers à
l'abandon. L'objectif : redynamiser la ville et sa région, les faire connaître,
donner envie de s'y rendre, et proposer des activités culturelles (secteur
tertiaire) pour endiguer le déclin industriel (secteur secondaire).
Le projet Louvre-Lens : un financement
partagé entre acteurs publics et privés, pour un bilan finalement mitigé.
Le financement : 150 millions d'euros
|
Acteur |
Part du financement |
|
Région Hauts-de-France |
59 % |
|
Union européenne |
20 % |
|
Département du Pas-de-Calais |
6 % |
|
Agglomération de Lens |
6 % |
|
État |
5 % |
|
Mécénat (dons privés) |
4 % |
Les objectifs et les acquis
•
Requalification urbaine : transformer la friche minière
en pôle tertiaire et culturel ;
•
Création de 400 emplois directs ;
•
Dépenses moyennes des visiteurs : environ 100 € par
personne (nuitées, repas…) ;
•
Accueil de 17 nationalités différentes.
Un essoufflement rapide
Le nombre de visiteurs a fortement chuté depuis l'ouverture : environ 900
000 visiteurs en 2012, 700 000 en 2013, 500 000 en 2014, puis seulement 450 000
depuis 2015. L'effet de nouveauté des premières années a rapidement disparu.
|
⚠️ ATTENTION Autre signe d'une rentabilité faible : 65 % des visiteurs
ne paient pas l'entrée, grâce à des offres gratuites pour certaines
catégories de population. Ce bilan mitigé illustre bien le paradoxe de
l'aménagement étudié au chapitre 1 : un projet peut réussir sa mission
sociale et culturelle (redynamiser un territoire, créer des emplois) sans
pour autant devenir durablement rentable. |
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CHAPITRE 8 Étude de cas n°2 : l'inégalité d'accès aux soins |
La deuxième étude de cas de ce cours porte sur la fracture médicale, déjà
évoquée au chapitre précédent sur les espaces de faible densité, mais analysée
ici sous l'angle de l'aménagement du territoire.
L'inégalité d'accès aux soins : zones à
haute densité contre espaces ruraux et petites villes.
|
|
Zones à haute densité
(villes) |
Espaces ruraux et petites
villes |
|
Offre |
Large panel de soins disponibles |
Désertification médicale (baisse de l'offre,
vieillissement des médecins) |
|
Temps d'accès |
Moins de 10 minutes |
Plus de 30 minutes |
|
Exemples |
Paris, Alpes-Maritimes |
Alpes-de-Haute-Provence, Aveyron, Corse |
La moyenne française d'accès à un hôpital est de 17 minutes, mais cette
moyenne cache de profondes disparités, largement corrélées à la « diagonale du
vide » étudiée au chapitre précédent.
|
⚠️ ATTENTION Ces chiffres traduisent surtout la ruralité de certains
départements. Mais les petites et moyennes villes sont, elles aussi,
concernées par ce constat de désertification médicale : leur rentabilité est
affaiblie par des offres de soins similaires, voire plus développées, dans de
plus grandes villes proches — et ces villes moyennes connaissent, elles
aussi, un déclin démographique. |
|
🛠️ À RETENIR Solutions envisagées par l'aménageur : créer des centres
de soins de proximité mêlant plusieurs activités (pluriprofessionnels),
favoriser la télémédecine, et encourager les populations à rester dans ces
territoires afin de les redynamiser. Encore faut-il, souligne le cours, que
les médecins eux-mêmes acceptent de s'installer en zone rurale. |
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CHAPITRE 9 Étude de cas n°3 : disparités de coût et mal-logement |
La troisième étude de cas porte sur la crise du logement, un sujet où le
coût de la vie et l'effet de l'héliotropisme (l'attrait pour le soleil et les
aménités naturelles) créent des marchés immobiliers parfois totalement
inaccessibles.
Disparités de coût et mal-logement : des
écarts de prix considérables entre régions et départements français.
Des écarts de prix considérables (prix
au m²)
|
Région / Département |
Prix moyen au m² |
|
PACA (région) |
3 200 € |
|
Nouvelle-Aquitaine (région) |
2 200 € |
|
Grand-Est (région) |
1 600 € |
|
Bourgogne-Franche-Comté (région) |
1 500 € |
|
Paris (département) |
9 700 € |
|
Alpes-Maritimes (département) |
4 100 € |
|
Gironde (département) |
3 000 € |
|
Lozère (département) |
1 300 € |
|
Aisne (département) |
1 100 € |
|
Creuse (département) |
820 € |
|
⚠️ ATTENTION Le bilan humain de cette crise est considérable : on
recense environ 4 millions de personnes mal-logées en France
(personnes sans-abri, migrants, ou vivant dans des logements surpeuplés ou
insalubres). |
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📘 DÉFINITION Le mal-logement désigne une situation de précarité
liée à l'habitat : insalubrité, surpeuplement, ou absence de domicile. |
|
CHAPITRE 10 Étude de cas n°3 (suite) : les politiques de la ville, la boîte
à outils |
Pour faciliter l'accès aux zones hors de prix et lutter contre les
inégalités sociospatiales, l'aménagement du territoire déploie plusieurs
leviers, une véritable « boîte à outils » à connaître pour le Brevet.
Les politiques de la ville : la boîte à
outils de l'aménageur pour lutter contre les inégalités sociospatiales.
Outil 1 — La législation : la loi SRU
|
📘 DÉFINITION La loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbains,
de l'an 2000) impose un quota obligatoire de 25 % de logements sociaux pour
chaque commune, afin de forcer la mixité sociale sur l'ensemble du
territoire. |
Outil 2 — L'intervention physique :
rénovation et réhabilitation
Des politiques urbaines visent à moderniser les quartiers exclus et à
réparer l'insalubrité, à travers deux types d'opérations : la rénovation
(détruire l'existant pour reconstruire) et la réhabilitation (conserver
l'existant extérieur et le réaménager à l'intérieur), déjà rencontrées dans le
chapitre sur les aires urbaines.
Outil 3 — L'aide financière : boucliers
et prêts
Il s'agit d'augmenter les prêts pour aider les familles modestes à
s'installer, et de forcer la baisse des loyers dans les zones dites « tendues »
(là où la demande de logement dépasse largement l'offre).
|
⚠️ ATTENTION Malgré ces outils, les inégalités sociospatiales —
c'est-à-dire l'exclusion de certaines catégories sociales de certains
territoires — restent fortes. C'est une nuance essentielle à apporter dans
toute réponse de Brevet sur ce sujet : la loi impose des objectifs, mais leur
application reste incomplète. |
|
SYNTHÈSE Le défi permanent de l'équilibre |
Ce chapitre se conclut par un schéma cyclique qui résume l'ensemble du
cours : l'aménagement du territoire n'est jamais un acte ponctuel, mais un
processus permanent, en cinq temps.
Synthèse : le défi permanent de
l'équilibre — un cycle en cinq étapes qui ne s'arrête jamais.
•
1. Constat : l'évolution économique et démographique
crée sans cesse de nouvelles fractures ;
•
2. Décision : l'État et les collectivités (à travers la
décentralisation) ciblent les urgences ;
•
3. Financement : mobilisation complexe des capitaux
(publics, privés, européens) ;
•
4. Aménagement : création de mixité (fonctionnelle,
sociale, économique) ;
•
5. Évaluation : lutte constante contre la rentabilité
inégale (le rural contre l'urbain) — puis retour à l'étape 1, car de nouvelles
fractures apparaissent en permanence.
|
🛠️ À RETENIR « L'aménagement du territoire n'est jamais terminé. C'est
la traduction physique et permanente du contrat social français : tenter
d'imposer l'égalité sur une géographie qui ne l'est pas. » Cette phrase de
synthèse résume l'esprit de tout le chapitre, et constitue une excellente
accroche ou conclusion pour une réponse organisée au Brevet. |
• Trois fractures à connaître : territoriales, sociales, économiques —
corrigées par la recherche de mixité (fonctionnelle, sociale, économique).
• Le paradoxe de l'aménageur : réduire les inégalités tout en restant
compétitif, un équilibre particulièrement difficile à trouver pour les espaces
ruraux (risque rural).
• Le « mille-feuille » des acteurs : UE, État, Région, Département,
Commune (financement public) + entreprises, banques, habitants, associations
(financement privé) ; décentralisation depuis les lois DEFERRE (1982-1983).
• Le financement suit la densité : cercle vertueux pour les zones denses,
cercle vicieux pour les espaces ruraux ; cas extrême des DROM, où l'éloignement
amplifie toutes les fractures.
• Trois études de cas : la requalification urbaine (Lens et le musée
Louvre-Lens, au bilan mitigé), la fracture médicale (désertification médicale),
la crise du logement (mal-logement, loi SRU, rénovation/réhabilitation).
|
LEXIQUE Le vocabulaire de l'aménageur |
Ce lexique reprend, par ordre alphabétique, l'ensemble du vocabulaire
exigible sur le chapitre de l'aménagement du territoire.
Le lexique de l'aménageur : les mots-clés
à connaître pour le Brevet.
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Terme |
Définition |
|
Collectivité locale (territoriale) |
Structure administrative française (région, département,
commune) disposant d'un pouvoir de décision propre. |
|
Décentralisation |
Transfert de compétences et de pouvoirs de décision de
l'État vers les collectivités territoriales (lois de 1982-1983). |
|
Désertification médicale |
Raréfaction de l'offre de soins dans un espace rural ou
une petite ville, liée à la faible rentabilité et au vieillissement des
médecins. |
|
Friche (urbaine / industrielle) |
Ancien espace industriel ou urbain laissé à l'abandon
après le déclin d'une activité. |
|
Héliotropisme |
Attractivité d'une région liée à ses aménités naturelles,
notamment l'ensoleillement, qui augmente la pression foncière. |
|
Inégalités (disparités) sociospatiales |
Inégalités qui se traduisent par l'exclusion de certaines
catégories sociales de certains territoires. |
|
Loi SRU |
Loi Solidarité et Renouvellement Urbains (2000), qui
impose un quota de 25 % de logements sociaux par commune. |
|
Mal-logement |
Situation de précarité liée à l'habitat (insalubrité,
surpeuplement, absence de domicile). |
|
Réhabilitation |
Opération consistant à conserver l'existant extérieur d'un
bâtiment et à le réaménager à l'intérieur. |
|
Rénovation |
Opération consistant à détruire l'existant pour construire
de nouvelles infrastructures. |
|
Rentabilité |
Capacité d'un investissement ou d'un service à générer
suffisamment de bénéfices pour être maintenu. |
|
Requalification urbaine |
Opération consistant à modifier les usages, l'architecture
et les infrastructures d'un territoire pour lui redonner de l'attractivité. |
|
QUIZ Vérifie tes connaissances |
32 questions à choix multiples couvrant l'ensemble du chapitre. La bonne
réponse et une courte explication sont données immédiatement sous chaque
question, pour te permettre de t'auto-corriger au fur et à mesure. Ce quiz est
aussi une excellente base pour fabriquer tes flashcards de révision : reprends
chaque question à laquelle tu t'es trompé, et transforme-la en carte recto
(question) / verso (réponse + explication) pour tes révisions espacées.
1. Qu'est-ce que l'aménagement du territoire ?
A. L'ensemble des actions menées pour organiser,
développer et corriger les inégalités d'un espace
B. Un synonyme d'urbanisation totale
C. Une loi qui interdit toute construction rurale
D. Un impôt local sur les entreprises
✅
Bonne réponse : A — L'aménagement du territoire désigne l'ensemble
des actions publiques et privées qui organisent, développent et corrigent les
inégalités d'un espace.
2. Laquelle de ces oppositions ne fait PAS partie des
fractures territoriales présentées dans le cours ?
A. Espace urbain contre espace rural
B. Populations aisées contre populations modestes
C. Métropoles contre petites et moyennes villes
D. Littoraux contre montagnes
✅
Bonne réponse : B — L'opposition populations aisées/modestes est une
fracture sociale, pas une fracture territoriale.
3. Quels sont les deux grands objectifs contradictoires que
doit concilier l'aménageur, selon le « grand paradoxe » ?
A. Augmenter les impôts et réduire les dépenses
B. Construire des logements et détruire des routes
C. Réduire les inégalités et rester
attractif/compétitif
D. Créer des emplois et fermer les usines
✅
Bonne réponse : C — L'aménageur doit à la fois réduire les
inégalités et rester attractif/compétitif, deux objectifs qui s'opposent
souvent.
4. Comment le cours appelle-t-il le problème que pose ce
paradoxe pour les espaces ruraux ?
A. La mixité fonctionnelle
B. La diagonale du vide
C. La désertification médicale
D. Le risque rural
✅
Bonne réponse : D — Le « risque rural » désigne la difficulté des
espaces ruraux à concilier réduction des inégalités et rentabilité.
5. Que signifie la « mixité fonctionnelle » dans un projet
d'aménagement ?
A. Créer des espaces abritant plusieurs fonctions
(logement, commerce, loisir)
B. Créer des espaces réservés à une seule catégorie
sociale
C. Créer des emplois dans un seul secteur d'activité
D. Détruire tous les bâtiments anciens
✅
Bonne réponse : A — La mixité fonctionnelle consiste à réunir
plusieurs fonctions (logement, commerce, loisir) dans un même espace.
6. Que signifie la « mixité sociale » dans un projet
d'aménagement ?
A. Créer des zones réservées aux plus riches
B. Créer des espaces sans ségrégation, réunissant
différentes catégories de population
C. Séparer les logements sociaux du reste de la
ville
D. Un synonyme de mixité économique
✅
Bonne réponse : B — La mixité sociale consiste à réunir, dans un
même espace, différentes catégories de population, sans ségrégation.
7. Que signifie le sigle DEFERRE, associé aux lois de
décentralisation ?
A. Un synonyme de collectivité territoriale
B. Un sigle administratif pour « Décentralisation
Économique »
C. Le nom du ministre à l'origine des lois de
décentralisation de 1982-1983
D. Le nom d'une agence européenne
✅
Bonne réponse : C — Les lois DEFERRE (1982-1983), du nom du ministre
Gaston Defferre, sont à l'origine de la décentralisation en France.
8. Quelle est la principale conséquence des lois de
décentralisation pour les collectivités locales ?
A. Elles ne financent plus aucun aménagement
B. Elles ont perdu tout pouvoir de décision
C. Elles ont fusionné avec l'État
D. Elles ont obtenu plus de pouvoirs, mais pas
toujours les fonds financiers nécessaires
✅
Bonne réponse : D — Les collectivités locales ont obtenu davantage
de pouvoirs décisionnels, mais manquent souvent des fonds nécessaires pour les
exercer pleinement.
9. Parmi ces acteurs, lequel relève du financement privé de
l'aménagement, et non du financement public ?
A. Les entreprises et les banques
B. L'État
C. La Région
D. L'Union européenne
✅
Bonne réponse : A — Les entreprises et les banques (prêts,
ingénierie) relèvent du financement privé, contrairement aux collectivités
publiques.
10. Pourquoi les acteurs de l'aménagement privilégient-ils
structurellement les zones de forte densité ?
A. Parce que la loi l'impose
B. Parce que les infrastructures y sont plus
rentables
C. Parce que les espaces ruraux sont interdits
d'aménagement
D. Parce que les zones denses sont toujours plus
pauvres
✅
Bonne réponse : B — Les infrastructures y sont plus rentables du
fait de la forte densité de population, ce qui rend les investissements plus
attractifs.
11. Quelle est la conséquence du cercle vicieux dans les
espaces ruraux, selon l'équation du financement ?
A. Une attractivité renforcée
B. Une hausse continue des investissements
C. Une décroissance démographique chronique
D. Une baisse du prix de l'immobilier partout en
France
✅
Bonne réponse : C — La faible rentabilité entraîne la fermeture
progressive des services, ce qui alimente une décroissance démographique
chronique.
12. Que signifie le sigle DROM ?
A. District Régional d'Outre-Mer
B. Direction Régionale de l'Outre-Mer
C. Développement Rural et Outre-Mer
D. Départements et Régions d'Outre-Mer
✅
Bonne réponse : D — DROM signifie Départements et Régions
d'Outre-Mer.
13. Quel territoire DROM a dépensé 250 fois moins que
l'Île-de-France pour l'aménagement, en 2017 ?
A. Mayotte
B. La Martinique
C. La Guadeloupe
D. La Réunion
✅
Bonne réponse : A — Mayotte, classée 18e et dernière sur 18 régions,
a dépensé 250 fois moins que l'Île-de-France pour l'aménagement.
14. Quelle activité économique dominait la ville de Lens
avant les années 1980 ?
A. Le tourisme
B. L'activité minière
C. L'agriculture intensive
D. La finance
✅
Bonne réponse : B — Lens était un pôle industriel minier majeur
avant la fermeture définitive des mines dans les années 1980-1990.
15. Quel taux de chômage a atteint Lens après la fermeture
des mines ?
A. Environ 10 %
B. Environ 5 %
C. Plus de 20 %
D. Moins de 2 %
✅
Bonne réponse : C — Le taux de chômage à Lens a dépassé les 20 %
après la fermeture définitive des mines.
16. Qu'est-ce qu'une friche urbaine ou industrielle ?
A. Un synonyme de mixité fonctionnelle
B. Un nouveau quartier résidentiel
C. Une zone agricole protégée
D. Un ancien espace industriel ou urbain laissé à
l'abandon
✅
Bonne réponse : D — Une friche est un ancien espace industriel ou
urbain laissé à l'abandon après le déclin d'une activité.
17. Sur quel type de site a été construit le musée du
Louvre-Lens ?
A. Une ancienne mine
B. Une ancienne gare
C. Un ancien aéroport
D. Un ancien port
✅
Bonne réponse : A — Le musée du Louvre-Lens a été construit sur le
site d'une ancienne mine (les terrils).
18. Quel acteur a financé la plus grande part du projet
Louvre-Lens (150 millions d'euros) ?
A. L'État
B. La Région Hauts-de-France
C. L'Union européenne
D. Le mécénat privé
✅
Bonne réponse : B — La Région Hauts-de-France a financé 59 % du
projet, la plus grande part.
19. Combien d'emplois directs le musée Louvre-Lens a-t-il
créés ?
A. 40
B. 4 000
C. 400
D. 40 000
✅
Bonne réponse : C — Le musée Louvre-Lens a créé 400 emplois directs.
20. Quelle évolution a connu la fréquentation du musée
Louvre-Lens depuis son ouverture ?
A. Une hausse continue
B. Une stabilité parfaite
C. Une fermeture définitive
D. Une forte baisse (de 900 000 à 450 000 visiteurs)
✅
Bonne réponse : D — La fréquentation est passée d'environ 900 000
visiteurs en 2012 à 450 000 depuis 2015 : un net essoufflement.
21. Quelle part des visiteurs du musée Louvre-Lens ne paie
pas l'entrée ?
A. 65 %
B. 35 %
C. 50 %
D. 10 %
✅
Bonne réponse : A — 65 % des visiteurs ne paient pas l'entrée, grâce
à des offres gratuites pour certaines catégories de population.
22. Quel est le temps d'accès moyen à un hôpital en France
?
A. 5 minutes
B. 17 minutes
C. 45 minutes
D. 2 heures
✅
Bonne réponse : B — La moyenne française d'accès à un hôpital est de
17 minutes, mais cache de profondes disparités territoriales.
23. Laquelle de ces solutions est proposée par le cours
pour lutter contre la désertification médicale ?
A. Interdire l'installation de médecins en ville
B. Fermer tous les hôpitaux ruraux restants
C. Développer la télémédecine et créer des centres
de soins de proximité
D. Supprimer les urgences rurales
✅
Bonne réponse : C — Le cours propose de développer la télémédecine
et de créer des centres de soins de proximité pluriprofessionnels.
24. Quel département a le prix immobilier moyen le plus
élevé, parmi ceux cités dans le cours ?
A. La Creuse
B. La Lozère
C. L'Aisne
D. Paris
✅
Bonne réponse : D — Paris affiche le prix immobilier le plus élevé,
avec environ 9 700 € du m².
25. Quel phénomène, lié à l'attrait pour le soleil et les
aménités naturelles, explique en partie les prix élevés du logement dans
certaines régions ?
A. L'héliotropisme
B. La désertification médicale
C. La décentralisation
D. La requalification urbaine
✅
Bonne réponse : A — L'héliotropisme (attrait pour le soleil et les
aménités naturelles) fait grimper la pression foncière et les prix du logement.
26. Combien de personnes sont mal-logées en France, selon
le cours ?
A. Environ 400 000
B. Environ 4 millions
C. Environ 40 millions
D. Environ 4 000
✅
Bonne réponse : B — Environ 4 millions de personnes sont mal-logées
en France (sans-abri, migrants, logements surpeuplés ou insalubres).
27. Que signifie le sigle SRU, dans la loi qui impose un
quota de logements sociaux ?
A. Système de Régulation Urbaine
B. Service Régional de l'Urbanisme
C. Solidarité et Renouvellement Urbains
D. Subvention et Rénovation Urbaine
✅
Bonne réponse : C — SRU signifie Solidarité et Renouvellement
Urbains, une loi de l'an 2000.
28. Quel quota de logements sociaux la loi SRU
impose-t-elle à chaque commune ?
A. 10 %
B. 15 %
C. 50 %
D. 25 %
✅
Bonne réponse : D — La loi SRU impose un quota obligatoire de 25 %
de logements sociaux par commune.
29. Quelle différence sépare la rénovation de la
réhabilitation urbaine ?
A. La rénovation détruit pour reconstruire, la
réhabilitation conserve l'extérieur et réaménage l'intérieur
B. Ce sont deux synonymes exacts
C. La réhabilitation est toujours plus chère que la
rénovation
D. La rénovation concerne uniquement les espaces
ruraux
✅
Bonne réponse : A — La rénovation détruit l'existant pour
reconstruire, tandis que la réhabilitation conserve l'extérieur du bâtiment et
réaménage l'intérieur.
30. Que désignent les « inégalités sociospatiales » ?
A. Un synonyme de mixité sociale
B. L'exclusion de certaines catégories sociales de
certains territoires
C. Les inégalités entre pays européens
D. Un dispositif de financement de l'aménagement
✅
Bonne réponse : B — Les inégalités sociospatiales désignent
l'exclusion de certaines catégories sociales de certains territoires, malgré
les politiques de la ville.
31. Combien d'étapes comporte le cycle de synthèse « le
défi permanent de l'équilibre » présenté en fin de cours ?
A. 3
B. 4
C. 5
D. 7
✅
Bonne réponse : C — Le cycle comporte 5 étapes : constat, décision,
financement, aménagement, évaluation.
32. Quelle est la dernière étape du cycle de synthèse, qui
ramène ensuite au constat initial ?
A. Le financement
B. L'aménagement
C. La décision
D. L'évaluation
✅
Bonne réponse : D — L'évaluation, dernière étape du cycle, relance
ensuite un nouveau constat, car de nouvelles fractures apparaissent en
permanence.
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ÉPREUVE 1 Lens et le musée Louvre-Lens, un pari de requalification urbaine |
Barème indicatif : /20 — durée conseillée : 30 min
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🔎 DOCUMENT 1 Document 1 — Avant les années 1980, Lens est un pôle
industriel minier majeur. Entre 1980 et 1990, les mines ferment
définitivement, provoquant un déclin industriel total du secteur secondaire
et un taux de chômage qui dépasse les 20 %. Le paysage se couvre de friches
industrielles et urbaines : anciens espaces à l'abandon, lotissements
ouvriers (les corons) et terrils. |
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🔎 DOCUMENT 2 Document 2 — En 2012, le musée du Louvre-Lens ouvre sur le
site d'une ancienne mine. Financé à hauteur de 150 millions d'euros (59 %
Région Hauts-de-France, 20 % Union européenne, 6 % département, 6 %
agglomération de Lens, 5 % État, 4 % mécénat), il crée 400 emplois directs et
accueille 17 nationalités. Mais la fréquentation chute rapidement : de 900
000 visiteurs en 2012 à 450 000 depuis 2015, et 65 % des visiteurs ne paient
pas l'entrée. |
Questions
1. (3 pts) À l'aide du document 1, expliquer pourquoi Lens est devenue un
territoire en crise à partir des années 1980.
2. (3 pts) Définir ce qu'est une friche urbaine ou industrielle, en
t'appuyant sur l'exemple de Lens.
3. (4 pts) À l'aide du document 2, expliquer ce qu'est la requalification
urbaine et montrer comment le musée Louvre-Lens en est un exemple.
4. (4 pts) Relever, dans le document 2, deux indices montrant que le
bilan du projet Louvre-Lens est mitigé.
5. (6 pts) Réponse organisée : « Le projet Louvre-Lens a-t-il permis de
résoudre durablement la crise de la ville de Lens ? » (une dizaine de lignes
attendues, en nuançant ta réponse).
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CORRIGÉ Épreuve 1 — Lens et le musée Louvre-Lens, un pari de
requalification urbaine |
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🛠️ ÉLÉMENTS DE
CORRECTION 1. (3 pts) Lens était un pôle industriel minier majeur
avant les années 1980. La fermeture définitive des mines entre 1980 et 1990 a
provoqué un déclin industriel total du secteur secondaire, avec un taux de
chômage dépassant les 20 %. |
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2. (3 pts) Une friche urbaine ou industrielle est un ancien espace
industriel ou urbain laissé à l'abandon après le déclin d'une activité. À Lens,
ce phénomène se traduit par les anciens sites miniers laissés à l'abandon, les
lotissements ouvriers (corons) et les terrils.
3. (4 pts) La requalification urbaine est une opération qui consiste à
modifier les usages, l'architecture et les infrastructures d'un territoire pour
lui redonner de l'attractivité. Le musée Louvre-Lens en est un exemple :
construit sur le site d'une ancienne mine, il transforme une friche
industrielle en pôle culturel et tertiaire, avec des espaces de loisirs et
végétaux aménagés autour du bâtiment.
4. (4 pts) Deux indices possibles parmi : la forte baisse de
fréquentation (de 900 000 à 450 000 visiteurs entre 2012 et 2015) ; le fait que
65 % des visiteurs ne paient pas l'entrée, signe d'une rentabilité faible.
5. (6 pts) Réponse rédigée attendue (exemple) : Le projet Louvre-Lens a
permis des progrès réels pour la ville : requalification d'une friche minière
en pôle culturel, création de 400 emplois directs, retombées économiques
locales (dépenses moyennes des visiteurs) et rayonnement international (17
nationalités accueillies). Cependant, le bilan reste mitigé sur le plan de la
rentabilité : la fréquentation a fortement chuté depuis l'ouverture, et une
majorité de visiteurs ne paie pas l'entrée. Le musée n'a donc pas suffi, à lui
seul, à résoudre durablement la crise économique et sociale de Lens, où le taux
de chômage reste un défi majeur. On peut conclure que ce projet illustre bien
le paradoxe de l'aménagement : réussir une mission sociale et culturelle ne garantit
pas une rentabilité économique durable. Barème : la question 5 valorise une
réponse qui nuance clairement (progrès réels + limites persistantes), même si
la formulation de l'élève diffère de ce corrigé.
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ÉPREUVE 2 Réduire les inégalités face au logement et aux soins |
Barème indicatif : /20 — durée conseillée : 30 min
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🔎 DOCUMENT 1 Document 1 — Le prix moyen du logement varie fortement
selon les territoires : environ 9 700 € du m² à Paris, contre 820 € en
Creuse. Ces écarts s'expliquent par le coût de la vie et l'héliotropisme
(attrait pour le soleil et les aménités naturelles). Environ 4 millions de
personnes sont mal-logées en France. Pour lutter contre les inégalités
sociospatiales, la loi SRU impose un quota de 25 % de logements sociaux par
commune, et l'aménagement mobilise aussi la rénovation, la réhabilitation, et
des aides financières. |
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🔎 DOCUMENT 2 Document 2 — L'accès aux soins est très inégal en France :
moins de 10 minutes pour accéder à un hôpital à Paris ou dans les
Alpes-Maritimes, contre plus de 30 minutes en Alpes-de-Haute-Provence, en
Aveyron ou en Corse. La moyenne française est de 17 minutes. Cette
désertification médicale rurale s'explique par une rentabilité affaiblie par
le déclin démographique. Solutions envisagées : centres de soins de proximité
pluriprofessionnels, télémédecine, repopulation rurale. |
Questions
1. (3 pts) À l'aide du document 1, calculer l'écart de prix au m² entre
Paris et la Creuse, et exprimer ce résultat par un rapport (Paris vaut combien
de fois la Creuse ?).
2. (3 pts) Définir le mal-logement et donner un exemple de situation
concernée.
3. (4 pts) Présenter, à l'aide du document 1, les trois outils des
politiques de la ville pour lutter contre les inégalités de logement.
4. (4 pts) À l'aide du document 2, expliquer les causes de la
désertification médicale en zone rurale et présenter une solution envisagée par
l'aménageur.
5. (6 pts) Réponse organisée : « En quoi le logement et l'accès aux soins
illustrent-ils tous les deux le grand paradoxe de l'aménagement du territoire ?
» (une dizaine de lignes attendues).
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CORRIGÉ Épreuve 2 — Réduire les inégalités face au logement et aux soins |
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🛠️ ÉLÉMENTS DE
CORRECTION 1. (3 pts) 9 700 / 820 ≈ 11,8. Le prix du m² à Paris est
donc environ 12 fois plus élevé qu'en Creuse. |
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2. (3 pts) Le mal-logement désigne une situation de précarité liée à
l'habitat : insalubrité, surpeuplement ou absence de domicile. Exemple : une
famille vivant dans un logement surpeuplé et insalubre, ou une personne sans
domicile fixe.
3. (4 pts) Les trois outils sont : la législation (loi SRU, quota de 25 %
de logements sociaux par commune) ; l'intervention physique (rénovation et
réhabilitation des quartiers) ; l'aide financière (prêts pour les familles
modestes, mesures pour faire baisser les loyers dans les zones tendues).
4. (4 pts) La désertification médicale s'explique par une rentabilité
affaiblie par le déclin démographique des espaces ruraux : moins d'habitants
signifie moins de patients, donc moins de revenus pour les médecins, ce qui les
décourage de s'y installer. Solution envisagée : créer des centres de soins de
proximité pluriprofessionnels, ou développer la télémédecine.
5. (6 pts) Réponse rédigée attendue (exemple) : Le logement et l'accès
aux soins illustrent tous deux le grand paradoxe de l'aménagement du
territoire, qui doit concilier réduction des inégalités et rentabilité
économique. Dans les grandes villes, la forte demande de logement et de soins
garantit une bonne rentabilité, mais fait grimper les prix (jusqu'à 9 700 €/m²
à Paris) et crée du mal-logement pour les plus modestes. Dans les espaces
ruraux, la faible densité de population limite au contraire la rentabilité des
services de santé, ce qui alimente la désertification médicale, malgré des prix
de logement plus abordables. Face à ces deux inégalités, l'aménageur déploie
des outils comparables : la loi (SRU pour le logement), l'investissement
physique (centres de soins, rénovation urbaine) et le financement public pour
tenter de rétablir un équilibre. Mais dans les deux cas, ces politiques peinent
encore à corriger durablement les inégalités sociospatiales du territoire
français. Barème : la question 5 valorise une réponse qui établit clairement le
parallèle entre les deux études de cas et le paradoxe de l'aménagement, même si
la formulation de l'élève diffère de ce corrigé.
|
RESSOURCES Bibliographie et sources |
Ce cours a été rédigé pour accompagner la préparation du Diplôme National
du Brevet, en cohérence avec le programme officiel de géographie de cycle 4
(thème « Dynamiques territoriales de la France contemporaine ») publié par le
ministère de l'Éducation nationale. Les ressources suivantes permettent
d'approfondir chaque notion et de vérifier les informations présentées.
Programmes et ressources
institutionnelles
Ministère de l'Éducation
nationale — Éduscol, « Programme de géographie du cycle 4 », https://eduscol.education.fr/
Agence Nationale de la Cohésion
des Territoires (ANCT), « Politiques d'aménagement du territoire », https://agence-cohesion-territoires.gouv.fr/
Ministère de la Cohésion des
territoires, « Loi SRU et mixité sociale », https://www.cohesion-territoires.gouv.fr/
Manuels et ouvrages de référence
Collectif, Histoire-Géographie-EMC
3e, collection manuel scolaire, éditions Nathan, dernière édition en
vigueur.
Collectif, Histoire-Géographie-EMC
3e, collection manuel scolaire, éditions Hatier, dernière édition en
vigueur.
Collectif, Histoire-Géographie-EMC
3e, collection manuel scolaire, éditions Belin Éducation, dernière édition
en vigueur.
Ressources en ligne pour réviser et
s'entraîner
Maxicours, « Fiches de cours
et exercices de géographie, cycle 4 », https://www.maxicours.com/
Kartable, « Cours de
géographie 3e — aménager le territoire », https://www.kartable.fr/
Fiche de révision « Aménager le
territoire », https://www.histoire-geographie-emc.net/
Annales officielles du Diplôme
National du Brevet, https://www.education.gouv.fr/
Sur le musée Louvre-Lens et la
requalification urbaine
Musée du Louvre-Lens, https://www.louvrelens.fr/
Agence Nationale pour la
Rénovation Urbaine (ANRU), https://www.anru.fr/
Sur la santé et le logement
Direction de la recherche, des
études, de l'évaluation et des statistiques (DREES), « Accès aux soins »,
https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/
Fondation Abbé Pierre, «
Rapport annuel sur le mal-logement en France », https://www.fondation-abbe-pierre.fr/
Illustrations : jeu d'illustrations pédagogiques originales
conçu pour ce cours (support Protocole BPS-E).
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