PHYSIQUE – CHIMIE
Constitution et états de la matière
Fiche de cours complète — Niveau 3e /
Révisions brevet
États de la matière • Changements d'état •
Masse volumique • Solubilité
Contenu du document
• 4 chapitres de cours illustrés
(schémas et tableaux)
• 1 exercice sur l'interprétation
microscopique des états de la matière
• 1 exercice résolu : le fonctionnement
d'un marais salant
• 1 fiche de révision express
• 1 quiz corrigé (QCM + questions
courtes)
• 1 exercice guidé niveau brevet, avec
corrigé détaillé
Sommaire
Chapitre 1 — États de
la matière, espèces chimiques, corps purs et mélanges3
Chapitre 2 — Les
changements d'état7
Chapitre 3 — La masse
volumique11
Chapitre 4 — La
solubilité14
Fiche de révision
express18
Quiz (QCM + questions
courtes) et corrigé20
Exercice guidé niveau
brevet, avec corrigé détaillé23
Chapitre 1 — États de la matière, espèces
chimiques, corps purs et mélanges
Ce chapitre pose les bases de la constitution de la
matière : comment reconnaître un état physique, comment l'interpréter à
l'échelle des particules, et comment distinguer un corps pur d'un mélange.
1. Les trois états physiques de la matière
À l'échelle macroscopique (celle que l'on observe
directement, sans instrument), la matière se présente sous trois états
physiques : solide, liquide et gazeux. On distingue ces états grâce à trois
critères observables.
|
Critère |
État solide |
État liquide |
État gazeux |
|
Forme propre |
Oui (garde sa forme) |
Non (prend la forme du récipient) |
Non (occupe tout l'espace disponible) |
|
Volume propre |
Oui (volume fixe) |
Oui (volume fixe) |
Non (volume variable) |
|
Compressibilité |
Non compressible |
Non compressible (ou très peu) |
Compressible et expansible |
|
📘
Définition — État physique L'état
physique d'un corps décrit la manière dont la matière qui le compose est
organisée : solide, liquide ou gazeuse. Un même corps (l'eau, par exemple)
peut exister dans les trois états selon la température et la pression. |
2. Interprétation microscopique : le modèle particulaire
Toute matière est constituée de particules (atomes, ions
ou molécules), trop petites pour être vues à l'œil nu. Le modèle particulaire
permet d'expliquer les propriétés macroscopiques des trois états à partir du
comportement de ces particules.
Représentation microscopique (modèle
particulaire) des trois états physiques.
|
|
Solide |
Liquide |
Gaz |
|
Disposition
des particules |
Jointives, ordonnées (rangées
régulières) |
Jointives, désordonnées |
Très éloignées les unes des autres |
|
Mouvement des
particules |
Vibrent sur place, ne se déplacent pas |
Se déplacent librement les unes par
rapport aux autres |
Se déplacent très vite, dans toutes
les directions |
|
Conséquence
macroscopique |
Forme et volume propres,
incompressible |
Volume propre mais pas de forme
propre, incompressible |
Ni forme ni volume propres,
compressible |
|
🛠️
Méthode — Relier l'échelle macroscopique et l'échelle microscopique • Une substance garde sa forme et son volume →
ses particules sont jointives et ordonnées : c'est un solide. • Une substance coule et épouse la forme du récipient,
mais son volume ne change pas → ses particules sont jointives mais
désordonnées et mobiles : c'est un liquide. • Une
substance occupe tout l'espace disponible et peut être comprimée → ses
particules sont très éloignées et se déplacent librement : c'est un gaz. |
3. Espèce chimique, corps pur et mélange
|
📘
Définition — Espèce chimique Une
espèce chimique est un ensemble d'entités identiques (atomes, ions ou
molécules) qui possède des propriétés physiques et chimiques bien définies.
Exemples : l'eau (H₂O), le dioxygène (O₂), le chlorure de sodium (NaCl),
l'éthanol… |
|
📘
Définition — Corps pur Un
corps pur ne contient qu'une seule espèce chimique. Il est caractérisé par
des grandeurs physiques constantes et reproductibles dans des conditions
données (température de fusion, température d'ébullition, masse volumique…).
Exemples : l'eau distillée, le dioxygène pur, le sucre (saccharose) pur, l'or
pur. |
|
📘
Définition — Mélange Un
mélange contient plusieurs espèces chimiques différentes. On distingue deux
types de mélanges : |
|
Type de mélange |
Aspect |
Exemples |
|
Mélange
homogène |
Une seule phase visible à l'œil nu
(aspect uniforme) |
Eau salée, eau sucrée, air, eau du
robinet, boisson gazeuse |
|
Mélange
hétérogène |
Plusieurs phases visibles à l'œil nu
(aspect non uniforme) |
Eau + huile, eau boueuse, granite,
salade de fruits |
|
⚠️
Attention — Pur ne veut pas dire propre ! Dans
le langage courant, « pur » évoque quelque chose de propre ou de naturel. En
chimie, un corps pur est un corps qui ne contient qu'une seule espèce
chimique — même s'il s'agit d'un produit fabriqué en laboratoire. À
l'inverse, l'eau minérale, bien que propre à la consommation, est un mélange
(elle contient de l'eau et des sels minéraux dissous). |
Comment identifier la
nature d'un mélange ou d'un corps pur ?
•
On peut observer
l'échantillon à l'œil nu ou à la loupe pour repérer plusieurs phases (mélange
hétérogène).
•
On peut comparer une
grandeur physique caractéristique mesurée (température de fusion, température
d'ébullition, masse volumique) à une valeur de référence tabulée : si elle
correspond, l'échantillon est probablement un corps pur (voir chapitres 2 et
3).
•
On peut utiliser des
techniques de séparation (filtration, décantation, chromatographie,
distillation) pour vérifier si un échantillon peut être séparé en plusieurs
constituants.
|
✏️
Exercice — Interprétation des états de la matière à l'échelle microscopique Les quatre schémas A, B, C et D ci-dessous
représentent, à l'échelle microscopique, des échantillons de matière. Chaque
rond représente une particule ; une couleur différente représente une espèce
chimique différente. |
Représentations microscopiques A, B, C et
D à analyser.
|
✏️
Exercice 1) Pour chaque schéma A, B, C et D, indiquer l'état
physique représenté (solide, liquide ou gazeux). Justifier en utilisant le
vocabulaire adapté (particules jointives/éloignées, ordonnées/désordonnées,
mobiles/immobiles). 2) Parmi ces quatre schémas, lequel représente un
mélange de deux espèces chimiques ? Justifier. 3) Le schéma D pourrait représenter de l'air. Proposer
les deux espèces chimiques majoritaires que l'on pourrait associer aux deux
couleurs de particules. 4) Si
l'on refroidit fortement l'échantillon représenté par le schéma B, sans
changer sa nature chimique, comment le schéma serait-il modifié ? Dessiner ou
décrire le nouveau schéma attendu. |
|
✅
Corrigé 1) A : état
solide — les particules (bleues) sont jointives et rangées de façon ordonnée
(réseau régulier), elles ne se déplacent pas les unes par rapport aux autres. B : état
gazeux — les particules (orange) sont très éloignées les unes des autres et
réparties de façon désordonnée dans tout l'espace disponible. C : état
liquide — les particules (vertes) sont jointives mais désordonnées, ce qui
traduit leur mobilité les unes par rapport aux autres. D : état
gazeux — les particules (orange et violettes) sont très éloignées et
désordonnées, comme en B. 2) Le schéma D
représente un mélange, car on y observe deux couleurs différentes, donc deux
espèces chimiques différentes réparties dans le même échantillon. Les schémas
A, B et C ne contiennent qu'une seule couleur : ce sont des corps purs. 3) L'air étant
très majoritairement composé de diazote (N₂, environ 78 %) et de dioxygène
(O₂, environ 21 %), on peut associer chaque couleur à l'une de ces deux
espèces. 4)
En refroidissant fortement un gaz
(sans changer sa nature), on peut le faire changer d'état : les particules se
rapprochent et ralentissent. Selon la température atteinte, on obtiendrait un
schéma de type liquide (particules jointives, désordonnées, mobiles) ou de
type solide (particules jointives, ordonnées, immobiles) — voir le chapitre 2
sur les changements d'état. |
Chapitre 2 — Les changements d'état
Un corps peut passer d'un état physique à un autre :
c'est un changement d'état. Ce chapitre étudie les six changements d'état
possibles, leurs conditions (température) et leurs propriétés physiques.
1. Les six changements d'état
Chaque changement d'état porte un nom précis selon l'état
de départ et l'état d'arrivée.
Les six changements d'état entre les
trois états physiques de la matière.
|
Changement d'état |
Sens |
Exemple |
|
Fusion |
Solide → Liquide |
Un glaçon qui fond |
|
Solidification |
Liquide → Solide |
L'eau qui gèle dans le congélateur |
|
Vaporisation |
Liquide → Gaz |
L'eau qui bout dans une casserole |
|
Liquéfaction |
Gaz → Liquide |
La buée qui se forme sur un miroir
froid |
|
Sublimation |
Solide → Gaz |
La neige carbonique (CO₂ solide) qui «
fume » |
|
Condensation
(solide) |
Gaz → Solide |
Le givre qui se dépose sur un
pare-brise |
|
🛠️
Méthode — Sens des transformations Apporter
de l'énergie (chauffer) fait passer la matière d'un état plus « ordonné » à
un état moins « ordonné » : solide → liquide → gaz. Retirer de l'énergie
(refroidir) fait le chemin inverse : gaz → liquide → solide. |
2. Changement d'état d'un corps pur
Pour un corps pur, un changement d'état présente des
caractéristiques précises et reproductibles, à pression donnée (en général la
pression atmosphérique).
|
📘
Définition — Température de changement d'état Pour
un corps pur donné et à une pression fixée, la température à laquelle se
produit un changement d'état (température de fusion θfus, température
d'ébullition θeb…) est une grandeur physique caractéristique de ce corps pur
: elle est constante et reste la même à chaque expérience. |
Courbe de chauffage de l'eau : la
température reste constante pendant chaque changement d'état (palier).
•
Pendant un changement
d'état d'un corps pur, la température reste constante : on observe un palier
sur la courbe de chauffage ou de refroidissement.
•
Sur ce palier, les deux
états coexistent (par exemple solide + liquide pendant la fusion).
•
Une fois le changement
d'état terminé, la température recommence à évoluer.
|
Corps pur |
θ fusion (°C) |
θ ébullition (°C) |
|
Eau |
0 |
100 |
|
Éthanol
(alcool) |
-114 |
78 |
|
Diazote |
-210 |
-196 |
|
Fer |
1538 |
2862 |
|
Plomb |
327 |
1749 |
|
🛠️
Méthode — Identifier un corps pur grâce à sa température de changement d'état On mesure la température de fusion (ou d'ébullition)
d'un échantillon inconnu, puis on la compare à des valeurs de référence
tabulées. Si la valeur mesurée correspond (à l'incertitude de
mesure près) à une valeur du tableau, et si l'on observe un palier net
(température constante), l'échantillon est vraisemblablement un corps pur,
identifiable par cette valeur. Un
mélange, en revanche, ne présente en général pas de palier net : sa
température continue de varier légèrement pendant le changement d'état. |
3. Propriétés physiques des changements d'état
a) Conservation de la
masse
La masse d'un échantillon ne change pas au cours d'un
changement d'état : la matière n'est ni créée ni détruite, elle change
seulement d'organisation. Par exemple, la masse d'eau liquide obtenue par
fusion d'un glaçon est égale à la masse du glaçon initial.
b) Variation de volume
Contrairement à la masse, le volume d'un échantillon
change en général lors d'un changement d'état, car les particules se
réorganisent (elles se rapprochent ou s'éloignent).
•
En général, le volume
augmente fortement lors d'une vaporisation (le gaz occupe un volume beaucoup
plus grand que le liquide).
•
En général, le volume
diminue légèrement lors d'une solidification.
|
⚠️
Attention — Cas particulier de l'eau L'eau
a un comportement inhabituel : son volume augmente lors de la solidification
(la glace est moins dense que l'eau liquide, c'est pourquoi elle flotte).
C'est l'inverse de la plupart des autres corps purs. |
c) Réversibilité
Un changement d'état est réversible : on peut toujours
revenir à l'état initial en apportant ou en retirant de l'énergie thermique
(par exemple, fusion puis solidification ramènent à l'état solide de départ),
sans modifier la nature chimique du corps.
|
🧮
Formule à retenir — À retenir absolument • Lors d'un changement d'état d'un corps pur, la
température reste constante (palier). • La masse se conserve toujours ; le volume varie en
général (sauf conservation exacte). • Les
changements d'état sont réversibles et n'entraînent aucune transformation
chimique : c'est toujours la même espèce chimique. |
Chapitre 3 — La masse volumique
La masse volumique est une grandeur physique
caractéristique très utile : elle permet de comparer des matériaux et
d'identifier un corps pur.
1. Définition de la masse volumique
|
📘
Définition — Masse volumique La
masse volumique d'un corps est la masse de matière contenue dans un volume
donné de ce corps. On la note ρ (lettre grecque « rhô »). |
|
🧮
Formule à retenir — Formule de la masse volumique ρ = m / V avec
ρ la masse volumique, m la masse et V le volume de l'échantillon. |
|
Grandeur |
Symbole |
Unités usuelles |
|
Masse
volumique |
ρ |
kg/m³ ; g/cm³ ; g/mL |
|
Masse |
m |
kg ; g |
|
Volume |
V |
m³ ; cm³ ; mL ; L |
|
🛠️
Méthode — Conversion d'unités utile 1
g/cm³ = 1 g/mL = 1 000 kg/m³. Ainsi, la masse volumique de l'eau, 1,0 g/cm³,
correspond à 1 000 kg/m³. Pour convertir un volume en cm³ vers m³, diviser
par 1 000 000 (10⁶) ; pour convertir des grammes en kilogrammes, diviser par
1 000. |
2. Comment mesurer une masse volumique ?
Pour déterminer la masse volumique d'un échantillon, il
faut mesurer séparément sa masse et son volume.
Mesure de la masse volumique d'un solide
: pesée, puis mesure du volume par déplacement d'eau.
1.
On mesure la masse m de
l'échantillon à l'aide d'une balance électronique.
2.
On mesure le volume V de
l'échantillon : pour un liquide, on utilise directement une éprouvette graduée
; pour un solide de forme quelconque, on utilise la méthode du déplacement
d'eau : V = V₂ (avec le solide immergé) − V₁ (eau seule).
3.
On calcule la masse
volumique avec la formule ρ = m / V.
|
🛠️
Méthode — Exemple résolu Énoncé : un échantillon de roche a une masse m = 135 g.
Immergé dans une éprouvette contenant initialement 140 mL d'eau, le niveau
monte à 190 mL. Volume du solide : V = V₂ − V₁ = 190 − 140 = 50 mL = 50
cm³. Masse
volumique : ρ = m / V = 135 / 50 = 2,7 g/cm³. |
3. Identifier un corps pur grâce à sa masse volumique
La masse volumique est, comme la température de
changement d'état, une grandeur physique caractéristique d'un corps pur dans
des conditions données : elle ne dépend pas de la quantité de matière (elle est
identique pour un petit ou un grand échantillon du même corps pur).
|
Corps pur |
Masse volumique (g/cm³) |
Masse volumique (kg/m³) |
|
Eau (liquide,
20 °C) |
1,00 |
1 000 |
|
Éthanol |
0,79 |
790 |
|
Huile d'olive |
0,92 |
920 |
|
Aluminium |
2,70 |
2 700 |
|
Verre |
2,50 |
2 500 |
|
Fer |
7,90 |
7 900 |
|
Plomb |
11,3 |
11 300 |
|
Or |
19,3 |
19 300 |
|
🛠️
Méthode — Méthode d'identification On
calcule la masse volumique de l'échantillon inconnu (ρ = m/V), puis on
compare la valeur obtenue à celles du tableau de référence. Si la valeur
calculée est proche (à l'incertitude de mesure près) d'une valeur tabulée, on
peut identifier le corps pur correspondant. Dans l'exemple précédent, ρ = 2,7
g/cm³ correspond à l'aluminium. |
|
⚠️
Attention — Attention aux unités Avant
tout calcul, il faut toujours vérifier que la masse et le volume sont
exprimés dans des unités cohérentes (par exemple g et cm³, ou kg et m³), sous
peine d'obtenir un résultat faux d'un facteur 1 000 ou 1 000 000. |
Chapitre 4 — La solubilité
Ce chapitre étudie la dissolution des solides, des
liquides et des gaz dans l'eau, à travers les notions de solubilité et de
miscibilité.
1. Solution, soluté, solvant
|
📘
Définition — Dissolution La
dissolution est le phénomène par lequel une espèce chimique (le soluté) se
disperse de façon homogène dans un liquide (le solvant), formant un mélange
homogène appelé solution. Le soluté peut être solide (sel), liquide (alcool)
ou gazeux (dioxyde de carbone). |
|
Terme |
Définition |
Exemple (eau sucrée) |
|
Soluté |
Espèce chimique dissoute, en plus
petite quantité |
Le sucre |
|
Solvant |
Liquide dans lequel le soluté est
dissous, en plus grande quantité |
L'eau |
|
Solution |
Mélange homogène obtenu (soluté +
solvant) |
L'eau sucrée |
2. La solubilité
|
📘
Définition — Solubilité La
solubilité d'une espèce chimique dans un solvant donné est la masse maximale
de cette espèce que l'on peut dissoudre dans un litre de ce solvant, à une
température donnée. Elle s'exprime en g/L. Au-delà de cette masse, la
solution est dite saturée : tout excès de soluté ne se dissout plus et reste
visible (dépôt solide, précipité, ou gaz qui s'échappe). |
La solubilité dépend de plusieurs facteurs :
•
la nature du soluté et du
solvant : certains solides se dissolvent très bien dans l'eau (le sel : environ
360 g/L à 20 °C), d'autres très peu (le sable, quasiment insoluble) ;
•
la température : pour la
grande majorité des solides, la solubilité augmente lorsque la température
augmente (on dissout plus de sucre dans de l'eau chaude que dans de l'eau
froide) ;
•
pour les gaz, c'est
l'inverse : leur solubilité diminue lorsque la température augmente (voir
partie 4).
|
🧮
Formule à retenir — Solution saturée Une
solution est saturée lorsqu'elle contient la quantité maximale de soluté que
le solvant peut dissoudre, à une température donnée. Si l'on ajoute encore du
soluté, il ne se dissout plus et reste visible au fond ou en surface du
récipient. |
3. Miscibilité
|
📘
Définition — Miscibilité La
miscibilité concerne le mélange de deux liquides. Deux liquides sont
miscibles s'ils forment, une fois mélangés et agités, un mélange homogène
(une seule phase). Ils sont non miscibles s'ils forment un mélange hétérogène
(plusieurs phases superposées, séparées par une interface). |
|
Couple de liquides |
Miscibles ? |
Observation après agitation puis repos |
|
Eau + éthanol
(alcool) |
Oui |
Une seule phase homogène |
|
Eau +
vinaigre |
Oui |
Une seule phase homogène |
|
Eau + huile |
Non |
Deux phases : l'huile surnage
au-dessus de l'eau |
|
🛠️
Méthode — Tester la miscibilité de deux liquides On
verse les deux liquides dans un même récipient, on agite, puis on laisse
reposer quelques instants. Si un seul liquide homogène est visible, les
liquides sont miscibles. Si deux phases séparées par une interface nette
réapparaissent, les liquides sont non miscibles (le liquide le moins dense —
c'est-à-dire de plus faible masse volumique, voir chapitre 3 — se retrouve
au-dessus). |
4. Dissolution d'un gaz dans l'eau
Les gaz peuvent aussi se dissoudre dans l'eau : c'est le
cas du dioxygène (indispensable à la vie aquatique) ou du dioxyde de carbone
(dans les boissons gazeuses).
La solubilité d'un gaz dans l'eau dépend principalement
de deux facteurs :
•
la température : plus l'eau
est froide, plus elle peut dissoudre de gaz (la solubilité d'un gaz diminue
quand la température augmente — c'est l'inverse des solides). C'est pourquoi
une eau froide et agitée (rivière de montagne) est mieux oxygénée qu'une eau
chaude et stagnante, ce qui favorise la vie des poissons ;
•
la pression : plus la
pression est élevée, plus la solubilité du gaz augmente. C'est pourquoi les
boissons gazeuses sont mises en bouteille sous forte pression : lorsqu'on ouvre
la bouteille, la pression chute brutalement, la solubilité du CO₂ diminue et le
gaz s'échappe en formant des bulles.
|
⚠️
Attention — Ne pas confondre solubilité d'un solide et d'un gaz Pour
un solide dans l'eau : chauffer augmente en général la solubilité. Pour un
gaz dans l'eau : chauffer diminue la solubilité (le gaz s'échappe plus
facilement, comme dans une boisson gazeuse tiède qui « perd ses bulles » plus
vite qu'une boisson fraîche). |
Exercice résolu : le fonctionnement d'un marais salant
Un marais salant est un ensemble de bassins peu profonds,
aménagés en bord de mer, qui permettent de produire du sel par évaporation
naturelle de l'eau de mer. L'eau de mer, pompée depuis la mer, traverse une
série de bassins de plus en plus petits et de moins en moins profonds (vasière,
bassins d'évaporation, cobier), avant d'arriver dans les œillets, petits
bassins peu profonds où le sel cristallise et est récolté par les sauniers.
Schéma simplifié du parcours de l'eau
dans un marais salant.
Données : la salinité moyenne de l'eau de mer est
d'environ 30 g de sel (essentiellement du chlorure de sodium, NaCl) par litre
d'eau. La solubilité du chlorure de sodium dans l'eau à 20 °C est d'environ 360
g/L.
|
✏️
Exercice 1) L'eau de mer est-elle un corps pur ou un mélange ?
Justifier en identifiant le solvant et le(s) soluté(s). 2) Quel changement d'état se produit dans les bassins
d'évaporation, sous l'effet du soleil et du vent ? Le sel dissous subit-il ce
même changement d'état ? Expliquer pourquoi le sel reste dans le bassin alors
que l'eau s'en échappe. 3) Expliquer pourquoi la salinité de l'eau augmente au
fur et à mesure qu'elle progresse dans les bassins successifs, alors
qu'aucune eau salée n'est ajoutée en cours de route. 4) Dans les œillets, la concentration en sel atteint
environ 260 g/L. La solution est-elle saturée ? Que se passe-t-il alors, et
pourquoi est-ce à ce moment que l'on peut récolter le sel ? 5) En
admettant que l'évaporation concentre le sel sans en faire perdre, quel
volume d'eau de mer (à 30 g/L) faudrait-il faire évaporer pour obtenir 1
litre de solution saturée à 360 g/L ? (On considérera que la masse de sel est
conservée au cours de l'évaporation.) |
|
✅
Corrigé 1) L'eau de mer
est un mélange (homogène) : elle contient au moins deux espèces chimiques,
l'eau (le solvant) et le chlorure de sodium ainsi que d'autres sels minéraux
dissous (les solutés). Un corps pur ne contiendrait qu'une seule espèce
chimique. 2) Sous l'effet
du soleil et du vent, l'eau liquide se transforme en vapeur d'eau : c'est une
vaporisation. Le sel, lui, ne se vaporise pas dans ces conditions : c'est un
solide non volatil aux températures atteintes dans les bassins. Seul le
solvant (l'eau) s'échappe sous forme de gaz ; le soluté (le sel) reste dans
le bassin, dissous dans l'eau restante. 3) La masse de
sel dissous dans un bassin reste constante (rien n'est ajouté ni retiré),
mais le volume d'eau liquide restant diminue au fur et à mesure de
l'évaporation. Comme la salinité correspond à une masse de sel par litre
d'eau, une même masse de sel dissoute dans un volume d'eau de plus en plus
petit donne une concentration de plus en plus grande. 4) 260 g/L reste
inférieur à la solubilité du sel dans l'eau (360 g/L à 20 °C) : la solution
n'est pas encore saturée à ce stade, mais elle continue de se concentrer.
Lorsque l'évaporation se poursuit jusqu'à dépasser la solubilité, la solution
devient saturée : le sel en excès ne peut plus rester dissous et cristallise
sous forme de petits cristaux solides visibles, que les sauniers peuvent
alors récolter. 5) La masse de
sel est conservée : m = c₁ × V₁ = c₂ × V₂, avec c₁ = 30 g/L (eau de mer), c₂
= 360 g/L (solution saturée) et V₂ = 1 L. V₁ = (c₂ ×
V₂) / c₁ = (360 × 1) / 30 = 12 L. Il faut donc faire évaporer environ 12
litres d'eau de mer (dont 11 litres d'eau se sont échappés sous forme de
vapeur) pour obtenir 1 litre de solution saturée en sel. |
Fiche de révision express
Les points essentiels à connaître par cœur pour le
brevet, chapitre par chapitre.
Chapitre 1 — États de la matière, corps purs et mélanges
•
3 états physiques : solide
(forme et volume propres), liquide (volume propre, pas de forme propre), gaz
(ni forme ni volume propres, compressible).
•
Modèle particulaire :
solide = particules jointives et ordonnées, immobiles ; liquide = jointives,
désordonnées, mobiles ; gaz = très éloignées, désordonnées, très mobiles.
•
Espèce chimique = ensemble
d'entités identiques (atomes, ions, molécules).
•
Corps pur = une seule
espèce chimique. Mélange = plusieurs espèces chimiques (homogène = une seule
phase visible ; hétérogène = plusieurs phases visibles).
Chapitre 2 — Changements d'état
•
6 changements d'état :
fusion (S→L), solidification (L→S), vaporisation (L→G), liquéfaction (G→L),
sublimation (S→G), condensation solide (G→S).
•
Pour un corps pur, un
changement d'état se produit à température constante (palier) : θfusion et
θébullition sont des grandeurs caractéristiques du corps pur.
•
La masse se conserve
toujours lors d'un changement d'état ; le volume varie en général (l'eau est
une exception : elle se dilate en gelant).
•
Tout changement d'état est
réversible et ne modifie pas la nature chimique du corps.
Chapitre 3 — Masse volumique
•
ρ = m / V (masse volumique
= masse ÷ volume). Unités : kg/m³, g/cm³, g/mL. 1 g/cm³ = 1 000 kg/m³.
•
Méthode : peser
l'échantillon (masse), mesurer son volume (éprouvette, ou déplacement d'eau
pour un solide : V = V₂ − V₁).
•
La masse volumique est une
grandeur caractéristique d'un corps pur : elle permet de l'identifier par
comparaison à une table de référence.
•
Eau liquide : ρ = 1,0 g/cm³
= 1 000 kg/m³ (valeur de référence à connaître par cœur).
Chapitre 4 — Solubilité
•
Solution = soluté (dissous,
en petite quantité) + solvant (en grande quantité), mélange homogène obtenu par
dissolution.
•
Solubilité (g/L) = masse
maximale de soluté dissoute dans 1 L de solvant, à une température donnée.
Solution saturée = solubilité atteinte, tout excès reste visible.
•
Miscibilité concerne deux
liquides : miscibles = mélange homogène (une phase) ; non miscibles = mélange
hétérogène (plusieurs phases, ex. eau/huile).
•
Solubilité d'un gaz dans
l'eau : augmente quand la température diminue et quand la pression augmente
(inverse des solides pour la température).
|
🧮
Formule à retenir — Les 2 formules du programme à connaître par cœur ρ = m / V (masse volumique) c = m / V (concentration massique / solubilité, en
g/L) |
|
⚠️
Attention — Réflexes pour le jour du brevet Toujours
vérifier les unités avant de calculer (g et cm³, ou kg et m³ ; g et L).
Toujours identifier, avant de commencer un exercice, s'il s'agit d'un solide,
d'un liquide ou d'un gaz, et d'un corps pur ou d'un mélange : cela oriente le
vocabulaire à utiliser dans la justification. |
Quiz — Constitution et états de la matière
10 questions à choix multiples (une seule bonne réponse)
et 4 questions courtes. Le corrigé complet se trouve à la fin du quiz.
QCM (une seule réponse correcte)
1. Dans un
liquide, les particules sont :
•
a) Jointives et ordonnées,
immobiles
•
b) Jointives, désordonnées
et mobiles
•
c) Très éloignées et
désordonnées
•
d) Très éloignées et
ordonnées
2. Un corps
pur est un corps qui :
•
a) A une couleur uniforme
•
b) Ne contient qu'une seule
espèce chimique
•
c) Est toujours à l'état
solide
•
d) N'a jamais été
transformé
3. L'eau salée
est un exemple de :
•
a) Corps pur
•
b) Mélange hétérogène
•
c) Mélange homogène
•
d) Espèce chimique simple
4. Le passage
de l'état gazeux à l'état liquide s'appelle :
•
a) La vaporisation
•
b) La liquéfaction
•
c) La fusion
•
d) La sublimation
5. Lors de la
fusion d'un corps pur, la température :
•
a) Augmente continuellement
•
b) Diminue continuellement
•
c) Reste constante (palier)
•
d) Double instantanément
6. Lors d'un
changement d'état, la masse d'un échantillon :
•
a) Augmente toujours
•
b) Diminue toujours
•
c) Reste toujours constante
•
d) Dépend de la couleur du
corps
7. La formule
de la masse volumique est :
•
a) ρ = V / m
•
b) ρ = m × V
•
c) ρ = m / V
•
d) ρ = m + V
8. La masse
volumique de l'eau liquide est d'environ :
•
a) 1,0 g/cm³
•
b) 10 g/cm³
•
c) 0,1 g/cm³
•
d) 100 g/cm³
9. Deux
liquides non miscibles, après agitation puis repos, forment :
•
a) Une seule phase homogène
•
b) Un solide
•
c) Deux phases séparées
•
d) Un gaz
10. La
solubilité d'un gaz dans l'eau augmente quand :
•
a) La température augmente
•
b) La température diminue
•
c) On agite très fort et on
chauffe
•
d) On ajoute du sel
Questions courtes
1.
Donner la définition d'une
espèce chimique.
2.
Citer les deux facteurs qui
influencent la solubilité d'un solide dans l'eau.
3.
Un échantillon a une masse
de 54 g et un volume de 20 cm³. Calculer sa masse volumique et proposer, à
l'aide du tableau du chapitre 3, le corps pur correspondant.
4.
Expliquer pourquoi une
bouteille de boisson gazeuse « pétille » davantage lorsqu'elle est tiède que
lorsqu'elle est fraîche.
Corrigé du quiz
Corrigé du QCM
|
✅
Corrigé 1. b) Jointives, désordonnées et mobiles. 2. b) Ne contient qu'une seule espèce chimique. 3. c) Mélange homogène (une seule phase visible, mais
deux espèces chimiques : eau + sel). 4. b) La liquéfaction. 5. c) Reste constante (palier de fusion). 6. c) Reste toujours constante (conservation de la
masse). 7. c) ρ = m / V. 8. a) 1,0 g/cm³ (soit 1 000 kg/m³). 9. c) Deux phases séparées (par exemple eau/huile). 10. b) La température diminue (solubilité d'un gaz :
plus l'eau est froide, plus elle dissout de gaz). |
Corrigé des questions
courtes
|
✅
Corrigé 1) Une espèce
chimique est un ensemble d'entités identiques (atomes, ions ou molécules),
possédant des propriétés physiques et chimiques bien définies. 2) La nature du
soluté et du solvant, et la température (en général, plus l'eau est chaude,
plus la solubilité d'un solide est grande). 3) ρ = m / V =
54 / 20 = 2,7 g/cm³. Cette valeur correspond à celle de l'aluminium dans le
tableau du chapitre 3 : l'échantillon est probablement de l'aluminium pur. 4)
La solubilité d'un gaz (ici le CO₂)
diminue quand la température augmente : dans une boisson tiède, le gaz
dissous s'échappe donc plus facilement et plus vite sous forme de bulles que
dans une boisson fraîche, où il reste davantage dissous. |
Exercice guidé niveau brevet
Un exercice type brevet, à traiter en autonomie puis à
corriger. Il mobilise les quatre chapitres du cours. Barème indicatif sur 20
points.
Contexte : identifier un échantillon inconnu
Au cours d'un chantier de rénovation, un artisan retrouve
un lingot métallique de forme irrégulière, sans étiquette. Il souhaite savoir
de quel métal il s'agit, parmi l'aluminium, le fer, le plomb ou l'or (voir
tableau du chapitre 3). Il réalise deux séries de mesures au laboratoire du
collège.
Expérience 1 — Mesure de la masse volumique : l'artisan
pèse le lingot, puis mesure son volume par déplacement d'eau.
|
Grandeur mesurée |
Valeur |
|
Masse du
lingot, m |
267,3 g |
|
Volume d'eau
seule dans l'éprouvette, V₁ |
120 mL |
|
Volume d'eau
+ lingot immergé, V₂ |
219,9 mL |
Expérience 2 — L'artisan place un petit fragment prélevé
sur le lingot dans un dispositif de chauffage progressif et note la température
toutes les minutes. Il obtient le tableau suivant :
|
Temps (min) |
0 |
1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
6 |
|
Température
(°C) |
20 |
180 |
327 |
327 |
327 |
420 |
510 |
|
✏️
Exercice — Questions 1) Calculer le volume V du lingot à
partir des données de l'expérience 1. Détailler le calcul. (3 points) 2) Calculer la masse volumique ρ du
lingot. Le résultat sera donné en g/cm³, avec deux chiffres significatifs. (3 points) 3) À l'aide du tableau de masses
volumiques du chapitre 3, proposer une première hypothèse sur la nature du
métal. (2
points) 4) En utilisant les données de
l'expérience 2, identifier sur le tableau la valeur de la température de
fusion du métal étudié. Justifier votre réponse en utilisant le vocabulaire
du chapitre 2 (palier). (4 points) 5) Cette température de fusion
confirme-t-elle l'hypothèse de la question 3 ? Conclure sur la nature du
métal constituant le lingot. (3 points) 6) Le lingot est-il un corps pur ou
un mélange ? Justifier votre réponse en vous appuyant sur les résultats des
deux expériences. (3 points) 7) Sachant que le point de fusion identifié permettrait de fabriquer
cet objet par moulage, expliquer en une phrase, à l'aide du vocabulaire du
chapitre 2, ce qui se passe physiquement lorsqu'on verse le métal fondu dans
un moule froid. (2 points) |
Corrigé détaillé
|
✅
Corrigé 1) V = V₂ − V₁ = 219,9 − 120 = 99,9
mL, soit environ 100 cm³ (car 1 mL = 1 cm³). 2) ρ = m / V = 267,3 / 99,9 ≈ 2,68
g/cm³, soit environ 2,7 g/cm³ avec deux chiffres
significatifs. 3) Dans le tableau du chapitre 3,
la valeur 2,7 g/cm³ correspond exactement à celle de l'aluminium. Hypothèse :
le lingot pourrait être en aluminium. 4) Dans le tableau de l'expérience
2, la température reste constante à 327 °C entre 2 et 4 minutes : c'est un
palier, caractéristique d'un changement d'état d'un corps pur. Il s'agit ici
du palier de fusion : θfusion = 327 °C. 5) Dans le tableau du chapitre 2,
la valeur 327 °C correspond exactement à la température de fusion du plomb, et non à celle de l'aluminium. Cette mesure contredit donc
l'hypothèse de la question 3 : la masse volumique mesurée (2,7 g/cm³)
évoquait l'aluminium, mais elle ne correspond pas du tout à celle du plomb
pur (11,3 g/cm³, tableau du chapitre 3). Les deux grandeurs caractéristiques
ne s'accordent donc sur aucun corps pur unique du tableau. 6) Les deux grandeurs
caractéristiques mesurées (masse volumique ≈ 2,7 g/cm³ et température de
fusion = 327 °C) ne correspondent pas à un même corps pur du tableau : 2,7
g/cm³ évoque l'aluminium, mais 327 °C évoque le plomb. Ce désaccord suggère
que le lingot n'est probablement pas un métal pur, mais un mélange (un alliage) de plusieurs métaux, dont les propriétés physiques
résultent d'un mélange des espèces chimiques présentes et ne correspondent
donc à aucune valeur tabulée d'un corps pur unique. 7) En touchant les parois froides du moule, le métal fondu (liquide)
perd de l'énergie thermique et se solidifie : c'est une solidification, qui
se produit à température constante (celle du palier de fusion/solidification)
jusqu'à ce que tout le métal soit redevenu solide. |
|
🛠️
Méthode — Ce qu'il faut retenir de cet exercice Une
seule grandeur caractéristique ne suffit parfois pas à identifier un corps
avec certitude : il est plus prudent de croiser plusieurs mesures (masse
volumique, température de changement d'état…). Un désaccord entre deux
mesures est souvent le signe qu'on est en présence d'un mélange plutôt que
d'un corps pur. |
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