SCIENCES DE LA VIE ET DE LA TERRE
L'évolution du monde vivant
Article fouillé — Niveau 3e (collège)
Chapitre 1 — La biodiversité
Chapitre 2 — Phénotype et génotype des
individus
Chapitre 3 — Les mécanismes de
l'évolution biologique
Chapitre 4 — Les relations de parenté
entre les êtres vivants
+ Révision express • Quiz
de 50 questions • Exercice guidé : traduire un texte en schéma
Sommaire
Chapitre 1 — La biodiversité................................... 3
Exercice résolu — Comparer
la biodiversité de deux milieux.............................................................. 4
Chapitre 2 — Phénotype et génotype des individus. 7
Exercice résolu — Expliquer
un phénotype à partir du génotype.............................................................. 8
Chapitre 3 — Les mécanismes de l'évolution biologique............................................................ 10
Exercice résolu — L'histoire
des phalènes carbonaria............................................................... 10
Chapitre 4 — Les relations de parenté entre les êtres
vivants.................................................................. 13
Exercice résolu — Construire
un arbre de parenté des vertébrés.......................................................... 14
Révision express................................................... 17
Quiz — 50 questions (avec corrigé)........................ 19
Exercice guidé — Traduire un texte en schéma...... 27
CHAPITRE
1
La biodiversité
La
biodiversité désigne la diversité de l'ensemble des êtres vivants sur Terre, à
toutes les échelles : celle des milieux, celle des espèces qui les peuplent, et
celle des individus au sein d'une même espèce. Loin d'être figée, elle change
en permanence au fil du temps et de l'espace. Ce chapitre présente comment on
mesure et on décrit cette biodiversité, et comment évoluent les populations qui
la composent.
1. La mesure de la biodiversité
Pour étudier
la biodiversité d'un milieu, les scientifiques réalisent des inventaires : ils
recensent les espèces présentes et comptent, ou estiment, le nombre d'individus
de chacune. Comme il est impossible d'observer un milieu entier, ces relevés se
font le plus souvent par échantillonnage : on étudie en détail une zone
représentative et limitée (un quadrat, une placette, un transect), avant
d'extrapoler les résultats à l'ensemble du milieu.
Deux
grandeurs permettent de décrire la biodiversité d'un milieu : la richesse
spécifique, qui est le nombre d'espèces différentes présentes, et l'abondance,
qui est le nombre d'individus de chaque espèce (ou leur proportion relative).
Un milieu peut avoir une richesse spécifique élevée tout en étant dominé par
quelques espèces très abondantes, tandis qu'un autre peut réunir moins
d'espèces mais réparties plus équitablement.
Figure 1 — Les trois niveaux de la
biodiversité.
La
biodiversité s'observe donc à trois niveaux emboîtés : la diversité des
écosystèmes (la variété des milieux de vie), la diversité des espèces au sein
d'un même écosystème, et la diversité génétique au sein d'une même espèce
(aussi appelée diversité intraspécifique). Aujourd'hui, des outils numériques
(bases de données naturalistes, applications de sciences participatives, clés
de détermination) permettent à chacun de contribuer à ces inventaires.
2. La diversité des espèces
Une espèce
regroupe l'ensemble des individus capables de se reproduire entre eux et de
donner une descendance elle-même féconde. La diversité des espèces varie
énormément d'un milieu à l'autre : une forêt tropicale humide abrite
typiquement des dizaines de milliers d'espèces différentes sur une petite
surface, alors qu'un désert ou une banquise n'en abrite que quelques dizaines.
Cette diversité dépend notamment du climat, des ressources disponibles (eau,
lumière, nutriments) et de l'histoire du milieu.
La
biodiversité spécifique n'est pas figée : certaines espèces disparaissent
(extinction), d'autres apparaissent au cours de l'évolution (spéciation), et
d'autres encore colonisent de nouveaux milieux. Les activités humaines
(déforestation, pollution, changement climatique, introduction d'espèces)
influencent aujourd'hui fortement, et le plus souvent négativement, cette
diversité.
3. Dynamique des populations
Une
population est l'ensemble des individus d'une même espèce vivant dans un même
milieu, au même moment, et pouvant se reproduire entre eux. Les effectifs d'une
population ne sont jamais constants : ils varient dans le temps sous l'effet
des naissances, des décès, mais aussi des migrations (entrées et sorties
d'individus).
Ces
variations dépendent de nombreux facteurs : la disponibilité en ressources
(nourriture, eau, espace), le climat et les saisons, la présence de prédateurs
ou de maladies, la compétition avec d'autres espèces, et les activités
humaines. Lorsque les ressources sont abondantes et les conditions favorables,
une population peut croître rapidement ; à l'inverse, une pénurie de ressources
ou un événement défavorable (sécheresse, épidémie) peut faire chuter ses
effectifs.
|
À retenir •
La biodiversité se mesure par la richesse spécifique
(nombre d'espèces) et l'abondance des individus, à partir d'inventaires par
échantillonnage. •
Elle s'observe à 3 niveaux : écosystèmes, espèces,
diversité génétique intraspécifique. •
Une population est l'ensemble des individus d'une
même espèce vivant au même endroit, au même moment. •
Les effectifs d'une population varient dans le temps
(naissances, décès, migrations) selon les ressources et les conditions du
milieu. |
Exercice résolu — Comparer la biodiversité de deux milieux
|
Énoncé Une classe réalise un relevé
d'espèces végétales sur deux placettes de 4 m² : le milieu A est une pelouse
tondue chaque semaine, le milieu B est une prairie voisine non fauchée depuis
un an. Les résultats des deux relevés sont donnés ci-dessous. |
Figure 2 — Répartition des espèces
observées dans les deux milieux.
|
Espèce |
Milieu A (pelouse tondue) |
Milieu B (prairie non fauchée) |
|
Herbe (graminées) |
34 |
14 |
|
Pâquerette |
2 |
5 |
|
Pissenlit |
1 |
4 |
|
Trèfle |
0 |
4 |
|
Achillée |
0 |
3 |
|
Centaurée |
0 |
2 |
|
Carotte sauvage |
0 |
2 |
|
Plantain |
0 |
2 |
|
Total individus |
37 |
36 |
|
Nombre d'espèces |
3 |
8 |
|
Question
1 : Calculez la richesse spécifique de chaque milieu. Lequel est le plus
riche en espèces ? Question
2 : Le nombre total d'individus recensés est-il très différent entre les
deux milieux ? Que peut-on en conclure sur le lien entre nombre d'individus
et biodiversité ? Question
3 : Dans le milieu A, quelle espèce domine largement ? Est-ce le cas dans
le milieu B ? Question 4 : Proposez
une explication à la différence de biodiversité observée entre les deux
milieux. |
|
Corrigé 1. La
richesse spécifique du milieu A est de 3 espèces (herbe, pâquerette,
pissenlit), celle du milieu B est de 8 espèces. Le milieu B (prairie non
fauchée) est donc nettement plus riche en espèces que le milieu A (pelouse
tondue). 2. Non
: le milieu A compte 37 individus et le milieu B en compte 36, un nombre
quasiment identique. On en conclut que le nombre total d'individus ne
renseigne pas, à lui seul, sur la biodiversité d'un milieu : deux milieux
peuvent compter un nombre d'individus comparable tout en ayant une richesse
spécifique très différente. C'est bien la diversité des espèces, et non
l'abondance totale, qui définit la biodiversité. 3. Dans
le milieu A, l'herbe domine très largement (34 individus sur 37, soit environ
92 % des individus). Dans le milieu B, la répartition est beaucoup plus
équilibrée entre les 8 espèces (l'herbe ne représente plus qu'environ 39 %
des individus). 4. La tonte régulière du
milieu A élimine systématiquement les plantes à fleurs avant qu'elles ne
puissent se développer et se reproduire, ce qui favorise les graminées
(l'herbe), très résistantes à la coupe, au détriment des autres espèces. Le
milieu B, non fauché, laisse le temps à davantage d'espèces de fleurs
sauvages de s'installer et de se développer, ce qui explique sa plus grande
biodiversité. Cet exemple illustre l'effet direct des activités humaines
(ici, la fréquence de tonte) sur la biodiversité d'un milieu. |
CHAPITRE
2
Phénotype et génotype des individus
Chaque
individu possède des caractères qui lui sont propres (couleur des yeux, groupe
sanguin, forme des feuilles chez une plante...). Ce chapitre explique d'où
viennent ces caractères observables, et en quoi ils dépendent à la fois de
l'information génétique héritée des parents et des conditions de vie de
l'individu.
1. Premiers éléments : caractères et gènes
Un caractère
est un trait observable d'un individu : la couleur des yeux, la couleur d'une
fleur, la taille d'une plante, le groupe sanguin... Chaque caractère peut
exister sous plusieurs versions, appelées caractères contrastés (par exemple :
yeux bleus ou yeux marron).
L'information
nécessaire à la mise en place de ces caractères est portée par l'ADN, une
molécule présente dans le noyau de toutes les cellules, organisée en
chromosomes. Un gène est un segment d'ADN qui contient l'information nécessaire
à un caractère donné. Chaque gène peut exister sous différentes versions,
appelées allèles : par exemple, le gène de la couleur des yeux existe sous un
allèle « yeux bleus » et un allèle « yeux marron ».
Chaque
individu possède, pour chaque gène, deux allèles : l'un hérité de son père,
l'autre de sa mère. L'ensemble des allèles portés par un individu constitue son
génotype.
2. Le phénotype dépend du génotype
L'ensemble
des caractères observables d'un individu constitue son phénotype. Le phénotype
d'un individu dépend directement de son génotype : ce sont les allèles présents
qui déterminent, en grande partie, quels caractères seront exprimés.
Figure 3 — Du génotype au phénotype, avec
l'influence de l'environnement.
Un même gène
peut ainsi conduire à des phénotypes différents selon les allèles présents chez
l'individu. C'est pourquoi deux individus de la même espèce, ayant hérité de
combinaisons d'allèles différentes de leurs parents (rappel : voir le brassage
génétique et la « loterie génétique » de la fécondation), peuvent présenter des
phénotypes très différents pour un même caractère.
3. Le phénotype dépend aussi de l'environnement
Le génotype
ne détermine pas à lui seul le phénotype final d'un individu : les conditions
de l'environnement influencent elles aussi, pour de nombreux caractères, la
façon dont le génotype s'exprime. Un même génotype peut donc donner des
phénotypes légèrement différents selon les conditions de vie.
Quelques
exemples : la pratique régulière d'un sport peut développer la masse musculaire
(le génotype fixe le potentiel, l'environnement — l'entraînement — influence le
résultat observable) ; l'exposition au soleil fonce la peau (bronzage) chez les
personnes qui en ont la capacité génétique ; la couleur des fleurs de
l'hortensia varie selon l'acidité du sol (pH), alors que le patrimoine
génétique de la plante reste identique ; la taille définitive d'un arbre dépend
de son génotype (espèce) mais aussi des ressources disponibles (lumière, eau,
sol).
|
À retenir •
Un gène est une portion d'ADN qui porte l'information
d'un caractère ; il peut exister sous plusieurs versions, les allèles. •
Le génotype d'un individu est l'ensemble des allèles
qu'il possède (hérités pour moitié de chaque parent). •
Le phénotype est l'ensemble des caractères
observables d'un individu ; il dépend du génotype. •
Le phénotype dépend aussi de l'environnement : un
même génotype peut s'exprimer différemment selon les conditions de vie. |
Exercice résolu — Expliquer un phénotype à partir du génotype
|
Énoncé Chez la belle-de-nuit (une
plante à fleurs), le gène de la couleur des fleurs possède deux allèles :
l'allèle R (qui code une couleur rouge) et l'allèle B (qui code une couleur
blanche). Chaque plante possède deux allèles pour ce gène (un hérité de chaque
parent). Lorsqu'une plante possède les deux allèles différents (R et B), les
deux s'expriment en même temps et se mélangent : la fleur est rose. |
|
Génotype (allèles portés) |
Phénotype (couleur des fleurs) |
|
R et R |
? |
|
B et B |
? |
|
R et B |
? |
|
Question
1 : Complétez le tableau en indiquant le phénotype attendu pour chaque
génotype. Question
2 : Une plante a des fleurs roses. Que pouvez-vous dire de son génotype ? Question 3 : Deux
plantes ont exactement le même génotype (R et B), mais l'une pousse en pleine
lumière et l'autre à l'ombre. Leurs fleurs auront-elles nécessairement
exactement la même couleur ? Justifiez en utilisant ce que vous savez sur le
phénotype. |
|
Corrigé 1. Une
plante de génotype R et R ne possède que l'allèle « rouge » : ses fleurs sont
rouges. Une plante de génotype B et B ne possède que l'allèle « blanc » : ses
fleurs sont blanches. Une plante de génotype R et B possède les deux allèles,
qui s'expriment tous les deux en même temps : ses fleurs sont roses. 2. Puisque
seul le génotype « R et B » produit des fleurs roses (les deux allèles
s'exprimant ensemble), on peut affirmer avec certitude que cette plante
possède le génotype R et B. 3. Pas nécessairement.
Le génotype fixe le phénotype attendu dans des conditions normales (ici,
rose), mais le phénotype peut aussi être influencé par l'environnement
(lumière, sol, température...). Il est donc possible que l'intensité de la
couleur rose diffère légèrement entre les deux plantes, même si leur génotype
est identique — comme on l'a vu avec l'exemple de l'hortensia dont la couleur
dépend aussi du pH du sol. Le génotype indique la couleur de base attendue,
mais l'environnement peut moduler la façon dont elle s'exprime. |
CHAPITRE
3
Les mécanismes de l'évolution biologique
Les espèces
qui peuplent la Terre aujourd'hui ne sont pas figées : elles se transforment au
fil des générations, un phénomène appelé évolution biologique. Ce chapitre
explique par quels mécanismes cette évolution se produit, à partir de deux
ingrédients : la diversité des individus, et le hasard combiné à la sélection
naturelle.
1. La diversité des individus
Au sein d'une
même espèce, tous les individus sont différents les uns des autres : c'est la
diversité génétique intraspécifique, déjà rencontrée avec la biodiversité
(chapitre 1) et avec le brassage génétique de la reproduction sexuée. Cette
diversité a deux origines principales : le brassage génétique lors de la
formation des gamètes et de la fécondation (qui recombine des allèles déjà
existants dans l'espèce), et les mutations, des modifications rares et
aléatoires de l'ADN qui peuvent créer de nouveaux allèles, absents jusque-là
dans l'espèce.
Cette
diversité se traduit par des phénotypes variés au sein d'une même population :
par exemple, la couleur du pelage, la taille, la résistance à une maladie ou à
un climat particulier peuvent varier d'un individu à l'autre. Cette variabilité
est la matière première sur laquelle l'évolution va agir.
2. Le hasard et la sélection naturelle
Les mutations
qui créent de nouveaux allèles apparaissent au hasard, indépendamment des
besoins de l'individu ou de l'espèce : une mutation n'apparaît pas « parce que
» l'environnement en aurait besoin. En revanche, une fois qu'un phénotype
nouveau existe dans une population, son maintien ou sa disparition dans les
générations suivantes n'est plus dû au hasard : c'est la sélection naturelle.
Dans un
environnement donné, certains phénotypes procurent à leurs porteurs un avantage
pour survivre et se reproduire (par exemple, un meilleur camouflage face aux
prédateurs, une meilleure résistance à une maladie). Les individus porteurs de
ces phénotypes avantageux survivent statistiquement mieux et ont, en moyenne,
davantage de descendants. Ils transmettent alors plus souvent leurs allèles à
la génération suivante. Au fil des générations, la proportion de ces allèles
avantageux augmente dans la population : c'est ainsi que la population évolue,
sans qu'aucun individu n'ait « choisi » de changer.
|
À retenir •
La diversité génétique d'une population a deux
origines : le brassage génétique (fécondation) et les mutations (aléatoires). •
Les mutations apparaissent au hasard, indépendamment
des besoins de l'espèce. •
La sélection naturelle : dans un environnement donné,
les individus porteurs d'un phénotype avantageux survivent et se reproduisent
mieux, et transmettent plus souvent leurs allèles. •
Au fil des générations, la proportion des allèles
avantageux augmente dans la population : la population évolue. |
Exercice résolu — Interpréter des faits biologiques à l'aide de la
sélection naturelle : l'histoire des phalènes carbonaria
|
Énoncé La phalène du bouleau (Biston
betularia) est un papillon nocturne qui se pose le jour sur les troncs
d'arbres, où il est chassé à vue par des oiseaux. Il existe deux formes de
cette espèce : une forme claire (typica) et une forme sombre, presque noire
(carbonaria), apparue par mutation. Avant la révolution industrielle en
Angleterre, les troncs d'arbres étaient clairs, couverts de lichens, et la
forme carbonaria était extrêmement rare (moins de 1 % des individus). Avec le
développement de l'industrie au XIXe siècle, la pollution a tué les lichens
et noirci les troncs d'arbres avec de la suie. En quelques décennies, la
forme carbonaria est devenue majoritaire (plus de 90 % des individus) dans
les zones industrielles, avant de redevenir minoritaire après les politiques
de dépollution du XXe siècle. |
Figure 4 — Camouflage des deux formes de
phalènes avant et après l'industrialisation.
|
Question
1 : La forme carbonaria est-elle apparue à cause de la pollution
industrielle ? Justifiez. Question
2 : Expliquez pourquoi la forme carbonaria était rare avant
l'industrialisation. Question
3 : Expliquez pourquoi la proportion de phalènes carbonaria a fortement
augmenté pendant la période industrielle. Question 4 : Comment
expliquer que la forme carbonaria soit redevenue minoritaire après la
dépollution ? |
|
Corrigé 1. Non.
La forme carbonaria résulte d'une mutation apparue au hasard, indépendamment
de la pollution. Cet allèle existait déjà, à très faible fréquence, avant
même le début de l'industrialisation. La pollution n'a pas « créé » la
mutation : elle a seulement changé les conditions du milieu, ce qui a modifié
les chances de survie des individus porteurs de cette mutation déjà
existante. 2. Avant
l'industrialisation, les troncs d'arbres étaient clairs. Les phalènes sombres
(carbonaria) s'y détachaient nettement et étaient donc repérées et mangées
plus facilement par les oiseaux prédateurs, tandis que les phalènes claires
(typica), bien camouflées, survivaient mieux et se reproduisaient davantage.
L'allèle carbonaria restait donc rare dans la population. 3. La
pollution a noirci les troncs d'arbres avec de la suie. Dans ce nouvel
environnement, ce sont les phalènes sombres qui sont devenues bien
camouflées, et les phalènes claires qui sont devenues très visibles et
vulnérables aux prédateurs. Les individus porteurs de l'allèle carbonaria ont
donc survécu et se sont reproduits davantage que les individus clairs,
transmettant plus souvent leur allèle à la génération suivante. Génération
après génération, la proportion de phalènes sombres a fortement augmenté dans
la population : c'est un exemple de sélection naturelle. 4. Après la dépollution,
les troncs d'arbres sont redevenus plus clairs. L'avantage du camouflage
s'est alors inversé : les phalènes claires sont redevenues mieux camouflées
et les phalènes sombres de nouveau plus visibles aux prédateurs. La sélection
naturelle a donc de nouveau favorisé la forme claire, qui est redevenue
majoritaire. Cet exemple montre que la sélection naturelle n'a pas de
direction fixée à l'avance : elle dépend uniquement des conditions du milieu
à un moment donné. |
CHAPITRE
4
Les relations de parenté entre les êtres
vivants
Toutes les
espèces vivant aujourd'hui sur Terre, aussi différentes soient-elles en
apparence, partagent une histoire évolutive commune. Ce chapitre montre comment
on établit des relations de parenté entre les êtres vivants à partir de leurs
ressemblances, et où se situe l'espèce humaine dans cette grande histoire du
vivant.
1. Tous différents, tous parents
Malgré leur
immense diversité, tous les êtres vivants partagent des points communs : toutes
les cellules contiennent de l'ADN, toutes utilisent un même « code » pour
fabriquer leurs protéines. Ces points communs à l'échelle moléculaire suggèrent
que tous les êtres vivants descendent, au bout du compte, d'un ancêtre commun
unique, apparu il y a plusieurs milliards d'années.
Pour établir
les relations de parenté entre espèces, les scientifiques comparent leurs
caractères (anatomiques, ou aujourd'hui génétiques) et recherchent les
caractères communs hérités d'un même ancêtre. Deux espèces sont d'autant plus
proches parentes qu'elles partagent davantage de caractères en commun avec un
ancêtre exclusif à leur groupe. On peut ainsi représenter les relations de
parenté sous la forme d'un arbre de parenté (ou arbre phylogénétique), où
chaque nœud représente un ancêtre commun caractérisé par l'apparition d'un
caractère nouveau, partagé ensuite par tous ses descendants.
Attention à
un piège fréquent : deux espèces peuvent se ressembler beaucoup sans être très
proches parentes (par exemple, le dauphin et le requin ont une forme
hydrodynamique semblable, adaptée à la nage rapide, mais ne sont pas proches
parents : c'est une ressemblance due à un mode de vie similaire, pas à un
ancêtre commun exclusif). Seuls les caractères hérités d'un ancêtre commun
comptent pour établir une parenté.
2. Place de l'être humain dans l'évolution du vivant
L'espèce
humaine, Homo sapiens, fait partie du grand groupe des vertébrés, puis des
mammifères, puis des primates. Comme toutes les espèces, elle résulte d'une
longue histoire évolutive, et partage des ancêtres communs avec les autres
primates : l'être humain et le chimpanzé, par exemple, partagent un ancêtre
commun qui a vécu il y a environ 7 millions d'années. Cela ne signifie pas que
« l'être humain descend du chimpanzé » : les deux espèces ont évolué
séparément, chacune à partir de cet ancêtre commun, qui n'était ni un chimpanzé
ni un être humain.
Une idée
reçue très répandue, mais scientifiquement fausse, est de représenter
l'évolution comme une marche linéaire et progressive « du singe vers l'Homme »,
l'être humain constituant le point d'aboutissement final et supérieur de
l'évolution. En réalité, l'évolution ne suit aucune direction prédéterminée ni
aucun objectif : chaque espèce actuelle, y compris l'être humain, est le
résultat d'une histoire évolutive tout aussi longue que les autres, faite de
hasard (mutations) et de sélection naturelle. L'être humain n'est pas « au
sommet » de l'évolution : il occupe une branche parmi d'autres de l'arbre du
vivant, aux côtés de millions d'autres espèces actuelles.
|
À retenir •
Tous les êtres vivants partagent des caractères
communs (ADN, code génétique) qui suggèrent un ancêtre commun unique. •
Un arbre de parenté représente les relations de
parenté entre espèces à partir des caractères hérités d'ancêtres communs. •
Une ressemblance n'indique pas forcément une parenté
proche (ex. : dauphin et requin, formes semblables sans ancêtre commun
exclusif). •
L'être humain partage un ancêtre commun avec les
autres primates (ex. : chimpanzé, il y a environ 7 millions d'années). •
L'évolution n'a pas de direction ni d'objectif :
l'être humain n'est pas « le sommet » de l'évolution, mais une branche parmi
d'autres de l'arbre du vivant. |
Exercice résolu — Construire un arbre de parenté des vertébrés
|
Énoncé Le tableau ci-dessous indique,
pour cinq groupes de vertébrés, la présence (+) ou l'absence (–) de quatre
caractères. |
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Caractère |
Poissons |
Amphibiens |
Reptiles |
Oiseaux |
Mammifères |
|
Vertèbres |
+ |
+ |
+ |
+ |
+ |
|
Squelette à 4 membres
(tétrapode) |
– |
+ |
+ |
+ |
+ |
|
Amnios (œuf terrestre) |
– |
– |
+ |
+ |
+ |
|
Poils et glandes mammaires |
– |
– |
– |
– |
+ |
|
Question
1 : Quel caractère est commun à tous les groupes ? Que peut-on en déduire
? Question
2 : Quel groupe se distingue de tous les autres en ne possédant pas de
squelette à 4 membres ? Question
3 : Parmi les tétrapodes, quel caractère sépare les amphibiens des trois
autres groupes ? Question 4 : En
utilisant le tableau, construisez (ou décrivez) un arbre de parenté plaçant
les 5 groupes, avec le caractère apparu à chaque nœud. |
Figure 5 — Arbre de parenté des cinq
groupes de vertébrés, construit à partir du tableau.
|
Corrigé 1. Le
caractère « vertèbres » est présent chez les cinq groupes. Cela signifie que
ce caractère est apparu chez un ancêtre commun à tous les vertébrés, avant la
séparation de ces cinq groupes : il ne permet donc pas de les distinguer
entre eux, mais confirme qu'ils forment bien un même grand groupe (les
vertébrés). 2. Les
poissons sont le seul groupe sans squelette à 4 membres : ils se séparent
donc les premiers des autres vertébrés, qui partagent tous ce caractère (les
tétrapodes). 3. L'amnios
(l'œuf pondu à coquille, qui protège l'embryon sur la terre ferme) sépare les
amphibiens (qui n'en possèdent pas et doivent pondre dans l'eau) des
reptiles, oiseaux et mammifères (qui en possèdent tous). 4. L'arbre se construit
du caractère le plus largement partagé (vertèbres, à la base) vers les
caractères les plus exclusifs (poils et glandes mammaires, propres aux seuls
mammifères) : d'abord les poissons se séparent (caractère « vertèbres »
commun à tous, mais pas de squelette à 4 membres) ; puis les amphibiens se
séparent des reptiles/oiseaux/mammifères (caractère « squelette à 4 membres »
commun aux quatre derniers groupes, mais amnios absent chez les amphibiens) ;
puis les reptiles se séparent des oiseaux/mammifères (caractère « amnios »
commun aux trois derniers) ; enfin les mammifères se distinguent par leurs
poils et glandes mammaires, les oiseaux par leurs plumes. On obtient l'arbre
représenté en figure 5. |
|
Méthode à retenir •
Repérer le caractère partagé par le plus grand nombre
de groupes : il définit le nœud le plus ancien (le plus proche de la « racine
» de l'arbre). •
Repérer ensuite les caractères partagés par des
sous-groupes de plus en plus restreints : ils définissent des nœuds de plus
en plus récents. •
Chaque nœud de l'arbre correspond à un ancêtre
commun, caractérisé par l'apparition d'un caractère nouveau partagé par tous
ses descendants. |
SYNTHÈSE
Révision express
Cette fiche rassemble, chapitre par chapitre, les points
essentiels à connaître par cœur avant une évaluation ou le brevet.
|
Chapitre 1 — La biodiversité •
La biodiversité se mesure par la richesse spécifique
(nombre d'espèces) et l'abondance des individus, à partir d'inventaires par
échantillonnage. •
3 niveaux de biodiversité : écosystèmes, espèces,
diversité génétique intraspécifique. •
Une population = individus d'une même espèce, même
lieu, même moment, pouvant se reproduire entre eux. •
Les effectifs d'une population varient (naissances,
décès, migrations) selon les ressources et le milieu. |
|
Chapitre 2 — Phénotype et génotype des individus •
Un gène est une portion d'ADN qui porte l'information
d'un caractère ; il existe sous plusieurs allèles. •
Génotype = ensemble des allèles d'un individu (2 par
gène, un de chaque parent). •
Phénotype = ensemble des caractères observables d'un
individu ; il dépend du génotype. •
Le phénotype dépend aussi de l'environnement (ex. :
bronzage, couleur des hortensias selon le pH du sol). |
|
Chapitre 3 — Les mécanismes de l'évolution biologique •
La diversité génétique vient du brassage génétique
(fécondation) et des mutations (aléatoires). •
Les mutations apparaissent au hasard, jamais « pour
répondre » à un besoin de l'espèce. •
Sélection naturelle : les individus au phénotype
avantageux dans un milieu donné survivent et se reproduisent mieux,
transmettant plus souvent leurs allèles. •
Exemple : la phalène du bouleau — la forme carbonaria
(mutation préexistante) est devenue majoritaire quand la pollution a noirci
les troncs, puis minoritaire après la dépollution. |
|
Chapitre 4 — Les relations de parenté entre les êtres
vivants •
Tous les êtres vivants partagent des points communs
(ADN, code génétique) qui suggèrent un ancêtre commun unique. •
Un arbre de parenté regroupe les espèces à partir des
caractères hérités d'ancêtres communs (pas de simples ressemblances). •
L'être humain partage un ancêtre commun avec les
autres primates (ex. : chimpanzé, ~7 millions d'années). •
L'évolution n'a pas de direction ni d'objectif :
l'être humain n'est pas « au sommet » de l'évolution, mais une branche parmi
d'autres. |
|
Le fil conducteur des 4 chapitres La biodiversité (chapitre 1)
repose sur la diversité génétique des individus, qui explique des phénotypes
variés au sein d'une même espèce (chapitre 2). Cette diversité, issue du
brassage génétique et des mutations, est le matériau sur lequel agit la sélection
naturelle : les phénotypes avantageux dans un milieu donné se répandent dans
la population au fil des générations, ce qui fait évoluer les espèces
(chapitre 3). À très grande échelle de temps, ces mécanismes ont produit la
diversité actuelle du vivant, dont on peut retracer l'histoire à l'aide
d'arbres de parenté — l'être humain occupant une branche parmi d'autres de
cet arbre, sans place privilégiée (chapitre 4). |
ÉVALUATION
Quiz — 50 questions
Ce quiz de
50 questions permet de vérifier les connaissances acquises sur les quatre
chapitres. Pour chaque question à choix multiples, une seule réponse est
correcte. Le corrigé complet se trouve à la fin de cette section.
Questions 1 à 13 — La biodiversité
1. La richesse spécifique d'un
milieu correspond :
a) au nombre total d'individus présents
b) au nombre d'espèces différentes présentes
c) à la surface du milieu étudié
2. L'abondance d'une espèce
correspond :
a) au nombre d'individus de cette espèce
b) à sa taille moyenne
c) à sa capacité à se déplacer
3. Pourquoi étudie-t-on la
biodiversité d'un milieu par échantillonnage ?
a) car observer le milieu entier est impossible en pratique
b) car c'est interdit par la loi
c) car les espèces se cachent
4. Quels sont les 3 niveaux de la
biodiversité ?
a) écosystèmes, espèces, diversité génétique
b) animaux, végétaux, champignons
c) terre, eau, air
5. Une espèce regroupe des individus
qui :
a) se ressemblent physiquement
b) peuvent se reproduire entre eux et donner une
descendance féconde
c) vivent dans le même pays
6. Quel milieu abrite en général le
plus d'espèces différentes ?
a) le désert
b) la banquise
c) la forêt tropicale humide
7. Les activités humaines ont, en
général, quel effet sur la biodiversité ?
a) aucun effet
b) un effet globalement négatif (déforestation,
pollution...)
c) un effet toujours positif
8. Une population est :
a) l'ensemble des espèces d'un pays
b) l'ensemble des individus d'une même espèce, au même
endroit et au même moment
c) un groupe d'animaux domestiques
9. Les effectifs d'une population
peuvent varier à cause de :
a) naissances, décès et migrations
b) seulement des naissances
c) rien, ils sont toujours constants
10. Deux milieux ayant un nombre
total d'individus comparable ont-ils forcément la même biodiversité ?
a) oui, toujours
b) non, la richesse spécifique peut être très différente
c) cela dépend de la météo
11. La diversité génétique
intraspécifique désigne :
a) la diversité des écosystèmes
b) la diversité entre espèces différentes
c) la diversité entre individus d'une même espèce
12. L'apparition d'une nouvelle
espèce au cours du temps s'appelle :
a) une extinction
b) une spéciation
c) une migration
13. Les outils de sciences
participatives permettent :
a) de contribuer aux inventaires de biodiversité
b) de créer de nouvelles espèces
c) de remplacer les scientifiques
Questions 14 à 25 — Phénotype et génotype des individus
14. Un caractère est :
a) un trait observable d'un individu
b) un type de cellule
c) une espèce animale
15. Un gène est :
a) une cellule reproductrice
b) un segment d'ADN portant l'information d'un caractère
c) un organe
16. Un allèle est :
a) une version particulière d'un gène
b) un type de chromosome
c) une maladie génétique
17. Le génotype d'un individu est :
a) l'ensemble de ses caractères observables
b) l'ensemble des allèles qu'il possède
c) son groupe sanguin uniquement
18. Le phénotype d'un individu est :
a) l'ensemble de ses caractères observables
b) l'ensemble de son ADN
c) uniquement sa taille
19. Combien d'allèles un individu
possède-t-il, en général, pour un même gène ?
a) un seul
b) deux (un de chaque parent)
c) quatre
20. Le phénotype d'un individu
dépend :
a) uniquement de son génotype
b) uniquement de l'environnement
c) de son génotype et de l'environnement
21. Le bronzage de la peau au soleil
illustre :
a) l'influence de l'environnement sur le phénotype
b) une mutation génétique
c) un changement de génotype
22. Chez l'hortensia, la couleur des
fleurs peut varier selon :
a) le pH du sol
b) l'heure de la journée
c) la couleur du pot
23. L'ADN se trouve principalement :
a) dans le noyau des cellules
b) en dehors des cellules
c) uniquement dans le sang
24. Vrai ou faux : deux individus au
génotype identique auront toujours un phénotype rigoureusement identique.
a) Vrai
b) Faux, l'environnement peut moduler le phénotype
25. Des caractères contrastés sont :
a) des versions différentes d'un même caractère (ex. : yeux
bleus / yeux marron)
b) des caractères invisibles
c) des maladies génétiques
Questions 26 à 37 — Les mécanismes de l'évolution biologique
26. La diversité génétique d'une
population provient :
a) du brassage génétique et des mutations
b) uniquement de l'environnement
c) uniquement de l'alimentation
27. Une mutation est :
a) une modification aléatoire de l'ADN
b) un changement de comportement
c) une maladie contagieuse
28. Les mutations apparaissent :
a) parce que l'espèce en a besoin
b) au hasard, indépendamment des besoins de l'espèce
c) seulement chez les animaux malades
29. La sélection naturelle favorise
:
a) les individus au hasard, sans lien avec leur phénotype
b) les individus dont le phénotype est avantageux dans leur
milieu
c) toujours les individus les plus gros
30. Avant l'industrialisation,
quelle forme de phalène du bouleau était majoritaire ?
a) la forme claire (typica)
b) la forme sombre (carbonaria)
c) les deux à égalité
31. Pourquoi la forme carbonaria
était-elle rare avant l'industrialisation ?
a) elle n'existait pas encore
b) elle était très visible sur les troncs clairs et donc
mangée par les oiseaux
c) elle ne pouvait pas se reproduire
32. Pourquoi la forme carbonaria
est-elle devenue majoritaire pendant la période industrielle ?
a) elle était mieux camouflée sur les troncs noircis par la
suie
b) elle avait un régime alimentaire différent
c) les oiseaux ont disparu
33. Après la dépollution, la forme
carbonaria est redevenue minoritaire car :
a) l'avantage du camouflage s'est de nouveau inversé
(troncs plus clairs)
b) elle a muté à nouveau
c) les prédateurs ont changé d'espèce
34. La mutation carbonaria est-elle
apparue à cause de la pollution ?
a) oui, la pollution a créé la mutation
b) non, elle existait déjà avant, au hasard
c) on ne sait pas
35. La sélection naturelle a-t-elle
une direction fixée à l'avance ?
a) oui, elle vise toujours le progrès
b) non, elle dépend uniquement des conditions du milieu à
un moment donné
c) oui, elle vise la complexité croissante
36. Les individus favorisés par la
sélection naturelle transmettent :
a) leur comportement appris
b) plus souvent leurs allèles à la génération suivante
c) rien du tout
37. Dans l'exemple des phalènes,
quel est le rôle des oiseaux prédateurs ?
a) ils sont l'agent de la sélection (ils repèrent et
mangent les individus les moins camouflés)
b) ils créent les mutations
c) ils n'ont aucun rôle
Questions 38 à 50 — Les relations de parenté entre les êtres vivants
38. Quel indice moléculaire suggère
un ancêtre commun à tous les êtres vivants ?
a) la présence d'ADN et d'un même code génétique chez tous
les êtres vivants
b) la couleur des organismes
c) leur taille
39. Un arbre de parenté représente :
a) la taille relative des espèces
b) les relations de parenté entre espèces à partir de
caractères communs
c) la répartition géographique des espèces
40. Dans un arbre de parenté, un
nœud représente :
a) une espèce éteinte au hasard
b) un ancêtre commun caractérisé par un caractère nouveau
c) une erreur de mesure
41. Le dauphin et le requin ont une
forme corporelle semblable. Sont-ils proches parents ?
a) oui, forcément, car ils se ressemblent
b) pas nécessairement : la ressemblance peut être due à un
mode de vie semblable, pas à un ancêtre commun exclusif
c) on ne peut pas savoir
42. L'espèce humaine appartient au
groupe des :
a) reptiles
b) primates (au sein des mammifères, des vertébrés)
c) amphibiens
43. L'être humain et le chimpanzé
partagent un ancêtre commun datant d'environ :
a) 7 millions d'années
b) 7 000 ans
c) 7 milliards d'années
44. Vrai ou faux : l'être humain
descend directement du chimpanzé.
a) Vrai
b) Faux, les deux espèces descendent d'un ancêtre commun,
qui n'était ni l'un ni l'autre
45. Vrai ou faux : l'évolution
biologique suit un objectif ou une direction fixée à l'avance.
a) Vrai
b) Faux, elle dépend du hasard et des conditions du milieu
46. Vrai ou faux : l'être humain est
le sommet, l'aboutissement final de l'évolution.
a) Vrai
b) Faux, il occupe une branche parmi d'autres de l'arbre du
vivant
47. Quel caractère est commun à tous
les vertébrés (poissons, amphibiens, reptiles, oiseaux, mammifères) ?
a) les vertèbres
b) les poils
c) les plumes
48. Quel caractère sépare les
poissons des autres groupes de vertébrés ?
a) l'absence de squelette à 4 membres (non-tétrapodes)
b) l'absence de vertèbres
c) l'absence de sang
49. Quel caractère sépare les
amphibiens des reptiles, oiseaux et mammifères ?
a) l'absence d'amnios (œuf non protégé pour le milieu
terrestre)
b) l'absence de peau
c) l'absence de tête
50. Quel caractère est propre aux
seuls mammifères, parmi les vertébrés étudiés ?
a) les poils et les glandes mammaires
b) les vertèbres
c) le squelette à 4 membres
Corrigé du quiz
|
N° |
Bonne réponse |
Justification express |
|
1 |
b) au nombre d'espèces
différentes présentes |
La richesse spécifique est
le nombre d'espèces différentes. |
|
2 |
a) au nombre d'individus de
cette espèce |
L'abondance est le nombre
d'individus d'une espèce donnée. |
|
3 |
a) car observer le milieu
entier est impossible en pratique |
On ne peut pas observer un
milieu entier ; on étudie une zone représentative. |
|
4 |
a) écosystèmes, espèces,
diversité génétique |
Écosystèmes, espèces,
diversité génétique intraspécifique. |
|
5 |
b) peuvent se reproduire
entre eux et donner une descendance féconde |
Le critère est
l'interfécondité avec descendance fertile. |
|
6 |
c) la forêt tropicale
humide |
La forêt tropicale humide
est le milieu le plus riche en espèces. |
|
7 |
b) un effet globalement
négatif (déforestation, pollution...) |
Les activités humaines
réduisent le plus souvent la biodiversité. |
|
8 |
b) l'ensemble des individus
d'une même espèce, au même endroit et au même moment |
C'est la définition d'une
population. |
|
9 |
a) naissances, décès et
migrations |
Naissances, décès,
migrations font varier les effectifs. |
|
10 |
b) non, la richesse
spécifique peut être très différente |
Le nombre d'individus ne
renseigne pas sur la richesse spécifique. |
|
11 |
c) la diversité entre
individus d'une même espèce |
« Intraspécifique » = au
sein d'une même espèce. |
|
12 |
b) une spéciation |
La spéciation est
l'apparition d'une nouvelle espèce. |
|
13 |
a) de contribuer aux
inventaires de biodiversité |
Ils permettent à chacun de
contribuer aux relevés de biodiversité. |
|
14 |
a) un trait observable d'un
individu |
Un caractère est un trait
observable (couleur des yeux, etc.). |
|
15 |
b) un segment d'ADN portant
l'information d'un caractère |
Un gène est une portion
d'ADN codant un caractère. |
|
16 |
a) une version particulière
d'un gène |
Un allèle est une version
d'un gène. |
|
17 |
b) l'ensemble des allèles
qu'il possède |
Le génotype = ensemble des
allèles portés par l'individu. |
|
18 |
a) l'ensemble de ses
caractères observables |
Le phénotype = ensemble des
caractères observables. |
|
19 |
b) deux (un de chaque
parent) |
Deux allèles par gène, un
hérité de chaque parent. |
|
20 |
c) de son génotype et de
l'environnement |
Le phénotype dépend du
génotype ET de l'environnement. |
|
21 |
a) l'influence de
l'environnement sur le phénotype |
C'est un exemple
d'influence de l'environnement sur le phénotype. |
|
22 |
a) le pH du sol |
Le pH du sol influence la
couleur des fleurs d'hortensia. |
|
23 |
a) dans le noyau des
cellules |
L'ADN, organisé en
chromosomes, est dans le noyau des cellules. |
|
24 |
b) Faux, l'environnement
peut moduler le phénotype |
L'environnement peut faire
varier le phénotype même à génotype identique. |
|
25 |
a) des versions différentes
d'un même caractère (ex. : yeux bleus / yeux marron) |
Ce sont les différentes
versions possibles d'un même caractère. |
|
26 |
a) du brassage génétique et
des mutations |
Brassage génétique
(fécondation) et mutations (aléatoires). |
|
27 |
a) une modification
aléatoire de l'ADN |
Une mutation est une
modification aléatoire de l'ADN. |
|
28 |
b) au hasard,
indépendamment des besoins de l'espèce |
Les mutations sont
aléatoires, pas dirigées par un besoin. |
|
29 |
b) les individus dont le
phénotype est avantageux dans leur milieu |
Elle favorise les
phénotypes avantageux pour le milieu donné. |
|
30 |
a) la forme claire (typica) |
La forme claire dominait
sur les troncs clairs couverts de lichen. |
|
31 |
b) elle était très visible
sur les troncs clairs et donc mangée par les oiseaux |
Visible sur troncs clairs,
elle était davantage prédatée. |
|
32 |
a) elle était mieux
camouflée sur les troncs noircis par la suie |
Mieux camouflée sur troncs
noircis, elle survivait mieux. |
|
33 |
a) l'avantage du camouflage
s'est de nouveau inversé (troncs plus clairs) |
Les troncs plus clairs ont
de nouveau favorisé la forme claire. |
|
34 |
b) non, elle existait déjà
avant, au hasard |
La mutation préexistait ;
seule sa fréquence a changé. |
|
35 |
b) non, elle dépend
uniquement des conditions du milieu à un moment donné |
Pas de direction fixée :
tout dépend du milieu du moment. |
|
36 |
b) plus souvent leurs
allèles à la génération suivante |
Ils se reproduisent
davantage et transmettent leurs allèles. |
|
37 |
a) ils sont l'agent de la
sélection (ils repèrent et mangent les individus les moins camouflés) |
Les oiseaux exercent la
pression de sélection par prédation visuelle. |
|
38 |
a) la présence d'ADN et
d'un même code génétique chez tous les êtres vivants |
Tous les êtres vivants
partagent l'ADN et le même code génétique. |
|
39 |
b) les relations de parenté
entre espèces à partir de caractères communs |
Il représente les relations
de parenté fondées sur des caractères communs hérités. |
|
40 |
b) un ancêtre commun
caractérisé par un caractère nouveau |
Chaque nœud = un ancêtre
commun avec un caractère nouveau partagé. |
|
41 |
b) pas nécessairement : la
ressemblance peut être due à un mode de vie semblable, pas à un ancêtre
commun exclusif |
Ressemblance ≠ parenté
proche si elle n'est pas héritée d'un ancêtre commun exclusif. |
|
42 |
b) primates (au sein des
mammifères, des vertébrés) |
L'Homme est un mammifère,
primate. |
|
43 |
a) 7 millions d'années |
Environ 7 millions
d'années, selon les données actuelles. |
|
44 |
b) Faux, les deux espèces
descendent d'un ancêtre commun, qui n'était ni l'un ni l'autre |
Les deux lignées ont évolué
séparément depuis un ancêtre commun. |
|
45 |
b) Faux, elle dépend du
hasard et des conditions du milieu |
L'évolution n'a pas de
direction ni d'objectif prédéterminé. |
|
46 |
b) Faux, il occupe une
branche parmi d'autres de l'arbre du vivant |
C'est une idée reçue fausse
; toutes les espèces actuelles ont une histoire évolutive aussi longue. |
|
47 |
a) les vertèbres |
Les vertèbres sont communes
à tous les vertébrés. |
|
48 |
a) l'absence de squelette à
4 membres (non-tétrapodes) |
Les poissons n'ont pas de
squelette à 4 membres, contrairement aux autres. |
|
49 |
a) l'absence d'amnios (œuf
non protégé pour le milieu terrestre) |
Les amphibiens n'ont pas
d'amnios, contrairement aux 3 autres groupes. |
|
50 |
a) les poils et les glandes
mammaires |
Poils et glandes mammaires
sont propres aux mammifères. |
MÉTHODE
Exercice guidé — Traduire un texte en schéma
Une
compétence essentielle en SVT consiste à savoir extraire les informations d'un
texte scientifique et les organiser sous forme de schéma. Cet exercice guidé
propose une méthode en trois étapes, appliquée à un texte sur la biodiversité
liée au génotype de chaque individu.
|
La méthode en 3 étapes Étape 1
— Identifier les mots-clés : repérer, dans le texte, les notions
scientifiques centrales (en général des noms communs ou des expressions
techniques du cours). Étape 2
— Repérer les relations entre ces mots-clés : pour chaque paire de
mots-clés liés, identifier le verbe ou la logique qui les relie (« dépend de
», « provient de », « entraîne », « est composé de »...). C'est souvent ce
lien qui deviendra une flèche du schéma. Étape 3 — Construire le
schéma : placer chaque mot-clé dans une case, puis relier les cases par
des flèches orientées selon les relations repérées à l'étape 2. Un bon schéma
doit pouvoir se « lire » sans le texte d'origine. |
Texte à traduire en schéma
|
Texte — La biodiversité liée au génotype de chaque
individu Au sein d'une même espèce,
chaque individu possède un génotype qui lui est propre, c'est-à-dire une
combinaison particulière d'allèles. Ce génotype détermine en grande partie
les caractères observables de l'individu, qui forment son phénotype : deux
individus aux génotypes différents présentent souvent des caractères
variables (couleur, taille, résistance...). L'ensemble de ces variations
entre individus d'une même espèce constitue la diversité génétique, aussi
appelée diversité intraspécifique. Cette diversité génétique, additionnée à
celle de toutes les autres espèces, participe à la biodiversité observée à
l'échelle d'un milieu. |
|
Consigne Question
1 : Identifiez, dans le texte, les 5 mots-clés qui devront apparaître
dans le schéma. Question
2 : Pour chaque paire de mots-clés reliés dans le texte, notez le verbe
ou l'expression qui les relie. Question 3 : Construisez
le schéma correspondant (cases + flèches légendées). |
Corrigé
|
1. Les mots-clés repérés •
génotype (de chaque individu) •
allèles (différents) •
phénotype / caractères (variables) •
diversité génétique (intraspécifique) •
biodiversité (à l'échelle de l'espèce / du milieu) |
2. Les relations repérées entre les mots-clés
|
Mot-clé de départ |
Relation (verbe du texte) |
Mot-clé d'arrivée |
|
Génotype |
est une combinaison
particulière d' |
Allèles |
|
Génotype |
détermine |
Phénotype (caractères) |
|
Allèles (différents) |
expliquent des |
Caractères variables |
|
Variations entre individus |
constituent la |
Diversité génétique |
|
Diversité génétique |
participe à la |
Biodiversité |
Figure 6 — Le schéma construit à partir
du texte.
|
Point de méthode Un schéma réussi n'est jamais
une simple copie du texte sous forme de dessin : il doit être plus
synthétique, faire apparaître clairement la logique de cause à effet entre
les notions (grâce à des flèches orientées et légendées), et rester lisible
même par quelqu'un qui n'a pas lu le texte original. En cas de doute sur
l'organisation, il est utile de se demander : « quel mot-clé est la cause, et
quel mot-clé est la conséquence ? » pour orienter correctement chaque flèche. |
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