dimanche 26 avril 2026

 CHAPITRE 6 — PERFECTIONNISME

Le perfectionnisme est une stratégie brillante… jusqu’au jour où elle devient un piège.

C’est comme vouloir ranger son bureau avant de travailler : une bonne idée, sauf quand on passe trois heures à aligner les stylos.

 


Chez Émilie : le perfectionnisme d’approbation

Émilie veut bien faire. Très bien faire. Trop bien faire.

Elle pense que si elle fait parfaitement, elle sera aimée. Et si elle fait moins que parfaitement, elle décevra.

C’est un perfectionnisme affectif.

Chez Michel : le perfectionnisme de contrôle

Michel veut que tout soit carré. Pas pour être aimé. Pour éviter le chaos.

Son perfectionnisme est une stratégie de survie : « Si je contrôle tout, rien ne dérape. »

C’est un perfectionnisme fonctionnel, mais coûteux.

Chez Lucien : le perfectionnisme anxieux

Lucien veut réussir. Mais il a peur d’échouer. Et comme il a peur d’échouer, il évite. Et comme il évite, il échoue. Et comme il échoue, il a encore plus peur.

Le cercle vicieux classique.

Ce qu’il faut retenir

  • Le perfectionnisme n’est pas une qualité.
  • C’est une armure.
  • Elle protège… mais elle pèse lourd.
  • Le traitement passe par la tolérance à l’erreur, la flexibilité, et parfois par le fait de faire exprès quelque chose “à 80 %” (ce qui, pour un perfectionniste, est déjà un acte héroïque).

 

Les modalités thérapeutiques du perfectionnisme

Guide rapide — points à considérer avant d’appliquer un plan

  • Objectif prioritaire : réduire l’évitement/perte de fonction liée au perfectionnisme (sécurisation, reprise d’activité).
  • Ressources : disponibilité familiale, soutien scolaire, temps thérapeutique.
  • Urgence clinique : si retrait, dépression ou phobie scolaire → prioriser interventions rapides et coordination école‑famille. Décision‑point : commencer par actions à fort effet / faible coût (expériences comportementales, tâches “à 80 %”, routines) puis ajouter TCC/DBT et coaching.

Pistes concrètes par patient (modalités, étapes, outils)

Émilie — Perfectionnisme d’approbation

Objectifs : réduire l’auto‑critique; augmenter tolérance à l’erreur. Plan (12–16 séances) :

  1. Bilan cognitif (identification des règles “si je ne suis pas parfaite, je ne suis pas aimable”).
  2. Expériences comportementales graduées : tâches volontairement “à 80 %” avec journal d’observations.
  3. Restructuration cognitive : remettre en question preuves et conséquences catastrophiques.
  4. Entraînement ER : techniques de pleine conscience, pause avant réponse, cohérence cardiaque.
  5. Travail sur FE : micro‑routines, externalisation (checklists, minuteurs).
  6. Groupe psychoéducatif pour normaliser l’erreur et partager stratégies. Mesures : échelle de perfectionnisme, journal hebdo de rumination.

Michel — Perfectionnisme de contrôle

Objectifs : assouplir le contrôle sans perte de performance; restaurer récupération. Plan (coaching + thérapie) :

  1. Audit des tâches et priorisation (coaching 6–12 semaines).
  2. Exercices d’exposition comportementale à la délégation (déléguer une tâche simple, évaluer impact).
  3. DBT‑informed skills : tolérance à la détresse, mindfulness pour réduire rumination.
  4. Routines de récupération : pauses programmées, sommeil, activité physique. Indicateurs : % tâches déléguées, score de rigidité, qualité du sommeil.

Lucien — Perfectionnisme anxieux (7 ans)

Objectifs : diminuer évitement, augmenter essais et tolérance à l’erreur. Plan (familial + scolaire) :

  1. PMT / coaching parental : consignes courtes, renforcement immédiat, “time‑in” pour apaisement.
  2. Expériences ludiques : jeux où l’erreur est valorisée (jeux de construction avec règles “imparfaites”).
  3. Contrat scolaire : objectifs très courts, feedback positif, pauses sensorielles.
  4. Rituel de réussite : tableau visuel, jetons, récompenses immédiates. Suivi : fréquence d’évitement, participation en classe, échelle d’anxiété enfant.

Risques, limites et surveillance

  • Risque d’échec d’adhérence si l’entourage n’est pas formé → prioriser PMT/formation.
  • Limite : interventions scolaires requièrent coordination et engagement enseignant.
  • Surveillance : réévaluer à 8–12 semaines ; si pas d’amélioration, bilan comorbide (TDAH, dépression) et avis pharmacologique pédiatrique/psychiatrique. 

































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